
La maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui près de 900 000 personnes en France et concerne directement ou indirectement plus de 3 millions d’individus. Cette pathologie neurodégénérative progressive nécessite une approche globale d’accompagnement qui évolue selon les stades de la maladie. Les défis liés à la perte progressive d’autonomie, aux troubles du comportement et à l’altération des fonctions cognitives exigent des solutions d’assistance diversifiées et personnalisées. Comment répondre efficacement aux besoins complexes des personnes atteintes de démence tout en soutenant leurs proches aidants ? L’écosystème de soins français propose désormais un éventail de services spécialisés, allant de l’accompagnement médical pointu aux technologies innovantes, en passant par les structures de répit et l’adaptation du domicile.
Assistance médicale spécialisée dans la prise en charge de la maladie d’alzheimer
La prise en charge médicale constitue le socle fondamental de l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette approche pluridisciplinaire s’articule autour de plusieurs spécialités complémentaires qui interviennent de manière coordonnée pour optimiser le parcours de soins. L’objectif principal consiste à ralentir la progression de la maladie, maintenir les capacités cognitives résiduelles et améliorer la qualité de vie quotidienne.
Consultation gériatrique et évaluation neuropsychologique approfondie
Les consultations gériatriques spécialisées représentent la première étape cruciale du diagnostic et du suivi médical. Ces évaluations comprennent des tests cognitifs standardisés comme le Mini-Mental State Examination (MMSE) et l’évaluation des capacités fonctionnelles via la grille AGGIR. Les équipes gériatriques procèdent également à une analyse complète des antécédents médicaux, des facteurs de risque cardiovasculaires et des interactions médicamenteuses potentielles. Cette approche globale permet d’établir un plan de soins personnalisé tenant compte des spécificités de chaque patient.
L’évaluation neuropsychologique approfondie complète ce bilan initial en analysant précisément les différents domaines cognitifs affectés : mémoire épisodique, fonctions exécutives, attention, langage et praxies. Ces tests spécialisés, réalisés par des neuropsychologues formés, permettent de distinguer les différents types de démences et d’adapter les interventions thérapeutiques en conséquence.
Suivi neurologique avec IRM cérébrale et marqueurs biologiques du LCR
Le suivi neurologique régulier s’appuie sur des examens d’imagerie cérébrale de pointe, notamment l’IRM qui révèle l’atrophie hippocampique caractéristique de la maladie d’Alzheimer. Ces examens permettent de suivre l’évolution des lésions cérébrales et d’ajuster les traitements en conséquence. Les biomarqueurs du liquide céphalorachidien, incluant les protéines tau et bêta-amyloïde, apportent une précision diagnostique supplémentaire particulièrement utile dans les formes précoces ou atypiques.
Les consultations neurologiques intègrent également l’évaluation des troubles du comportement, des troubles du sommeil et des symptômes neuropsychiatriques associés. Cette surveillance médicale rapprochée permet d’anticiper les complications et d’adapter les stratégies thérapeutiques aux besoins évolutifs des patients.</p
Thérapies médicamenteuses : donépézil, rivastigmine et mémantine
Les thérapies médicamenteuses constituent l’un des volets de l’assistance adaptée aux personnes atteintes d’Alzheimer, en complément indispensable des approches non pharmacologiques. Les principaux médicaments utilisés sont les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (donépézil, rivastigmine, galantamine) et l’antagoniste des récepteurs NMDA, la mémantine. Ils n’arrêtent pas la maladie, mais visent à ralentir le déclin cognitif, à stabiliser certaines fonctions et à réduire certains troubles du comportement sur une période limitée.
La prescription de ces traitements repose sur une évaluation fine du stade de la maladie, des comorbidités et des risques d’effets indésirables (troubles digestifs, bradycardie, agitation, etc.). Le médecin traitant, le gériatre ou le neurologue réévalue régulièrement le rapport bénéfice/risque afin d’ajuster les doses, de changer de molécule ou, parfois, d’envisager un arrêt progressif. Une information claire des proches est essentielle pour qu’ils puissent repérer les effets secondaires précoces et signaler rapidement tout changement de comportement ou d’état général.
Au-delà des médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer, la prise en charge médicamenteuse inclut aussi le traitement des pathologies associées : dépression, anxiété, troubles du sommeil, douleur chronique, hypertension, diabète. Une bonne maîtrise de ces facteurs associés peut, à elle seule, améliorer nettement la qualité de vie et retarder certaines pertes d’autonomie. On parle alors d’« optimisation thérapeutique globale », qui nécessite une coordination étroite entre médecins, pharmaciens et infirmiers libéraux.
Interventions orthophoniques pour troubles du langage et déglutition
Les interventions orthophoniques occupent une place de plus en plus reconnue dans l’assistance aux personnes atteintes d’Alzheimer. L’orthophoniste intervient d’abord sur les troubles du langage : difficultés à trouver les mots, à comprendre des consignes complexes, à suivre une conversation ou à lire et écrire. Par des exercices adaptés, souvent ludiques, il aide la personne à maintenir le plus longtemps possible ses capacités de communication fonctionnelle, essentielles pour garder le lien avec ses proches.
Avec la progression de la maladie, les troubles de la déglutition deviennent plus fréquents et exposent à un risque de fausses routes et de pneumonies d’inhalation. L’orthophoniste réalise alors un bilan de la déglutition, propose des adaptations de textures (aliments mixés, boissons épaissies) et enseigne des postures ou des gestes de protection. Comme un « coach de la communication et de l’alimentation », il accompagne aussi les aidants pour qu’ils sachent parler plus simplement, laisser le temps de répondre et installer la personne correctement lors des repas.
Les séances d’orthophonie s’intègrent dans un projet de soins global, en lien avec le médecin, le diététicien, l’ergothérapeute et l’équipe d’aide à domicile. Elles peuvent être réalisées à domicile ou en cabinet, selon l’état de santé et les possibilités de déplacement. L’Assurance maladie prend en charge ces soins sur prescription médicale, ce qui permet aux familles de bénéficier d’un soutien régulier sans reste à charge excessif.
Solutions d’aide à domicile adaptées aux troubles cognitifs
Le maintien à domicile est le souhait de la grande majorité des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, au moins dans les stades léger à modéré. Pour que ce choix reste possible et sécurisant, l’assistance à domicile doit être pensée comme un véritable « écosystème d’aide » combinant auxiliaires de vie, soins infirmiers, technologies et aménagements du logement. L’objectif est double : préserver l’autonomie restante et garantir la sécurité, tout en soulageant les proches aidants.
En France, les services d’aide et de soins à domicile, les SPASAD, les équipes spécialisées Alzheimer (ESA) et les SSIAD collaborent de plus en plus pour proposer des parcours coordonnés. Vous pouvez être accompagné dans vos démarches par le CCAS, le CLIC ou les plateformes d’accompagnement et de répit qui orientent vers les structures adaptées. En pratique, il s’agit souvent de trouver le bon équilibre entre aides humaines, téléassistance et adaptations matérielles pour que la personne puisse « continuer à vivre chez elle » dans les meilleures conditions.
Services d’auxiliaires de vie spécialisés en gérontologie
Les auxiliaires de vie spécialisés en gérontologie sont au cœur de l’aide quotidienne pour les personnes atteintes d’Alzheimer. Formés aux troubles cognitifs, ils interviennent pour l’aide au lever et au coucher, la toilette, l’habillage, la préparation et l’aide à la prise des repas, mais aussi pour l’accompagnement aux sorties et la stimulation des activités sociales. Leur présence régulière contribue à structurer la journée, à rassurer la personne et à prévenir l’isolement.
Au-delà des gestes techniques, ces professionnels développent une relation de confiance et de continuité, essentielle dans le contexte de désorientation. Ils apprennent à repérer les signaux d’angoisse, de fatigue ou de douleur, et à adapter leur attitude : parler calmement, répéter sans infantiliser, proposer plutôt qu’imposer. Cette expertise relationnelle fait souvent la différence entre une situation apaisée et des épisodes d’agitation ou de refus de soins.
Le financement de ces services d’auxiliaires de vie peut être assuré en partie par l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), par certaines caisses de retraite ou complémentaires santé. Vous pouvez choisir de passer par un service d’aide à domicile autorisé ou d’employer directement un intervenant via le chèque emploi service (CESU). Dans tous les cas, mieux vaut privilégier des structures ou des professionnels ayant une expérience spécifique de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées.
Téléassistance connectée avec capteurs de chute et détecteurs d’errance
La téléassistance constitue aujourd’hui un pilier des solutions d’aide à domicile pour Alzheimer, en particulier lorsque la personne vit seule une partie de la journée. Les dispositifs modernes vont bien au-delà du simple bouton d’appel : ils intègrent des capteurs de chute, des détecteurs d’errance, des montres ou bracelets géolocalisés et des centrales d’écoute disponibles 24h/24. L’enjeu est de concilier liberté de mouvement et sécurité, sans transformer le domicile en « milieu hospitalier ».
Concrètement, la personne porte un médaillon ou un bracelet équipé d’un bouton d’alerte. En cas de chute ou de malaise, elle peut déclencher une alarme vers une plateforme d’assistance qui contacte rapidement les proches ou les secours. Certains systèmes détectent automatiquement l’absence de mouvement prolongé ou la sortie d’un périmètre défini autour du domicile. Comme un filet de sécurité invisible, ces technologies rassurent l’entourage tout en permettant à la personne de continuer à sortir.
Il est toutefois essentiel de rappeler que la téléassistance ne remplace jamais la présence humaine. Pour que le dispositif soit efficace, il faut des proches ou des professionnels en capacité de répondre aux alertes et d’intervenir rapidement. L’APA ou certaines mutuelles peuvent prendre en charge une partie du coût de l’abonnement. Avant de s’équiper, il est recommandé de comparer les prestataires, de vérifier la qualité de la plateforme d’écoute et de s’assurer du consentement éclairé de la personne concernée.
Adaptation du logement : barres d’appui, éclairage automatique et serrures sécurisées
L’adaptation du logement joue un rôle majeur dans la prévention des chutes, la réduction des risques d’errance et le maintien de l’autonomie. On peut la comparer à une « mise aux normes cognitives » de l’habitat : moins il y a de pièges, de sources de confusion ou de danger, plus la personne atteinte d’Alzheimer peut se repérer et agir seule. Les interventions vont des aménagements simples (étiquettes sur les portes, photos, contrastes de couleurs) à des travaux plus conséquents.
Parmi les équipements les plus utiles, on retrouve les barres d’appui dans la salle de bains et les toilettes, les sièges de douche, les revêtements antidérapants, mais aussi les éclairages automatiques déclenchés par détecteur de mouvement dans les couloirs ou les escaliers. Ces dispositifs réduisent le risque de chute nocturne, très fréquent chez les personnes désorientées. Des serrures sécurisées ou des systèmes de limitation d’ouverture de portes peuvent également être envisagés pour limiter les sorties intempestives, tout en respectant au maximum la liberté de circulation.
Les ergothérapeutes des équipes spécialisées Alzheimer (ESA) ou des SSIAD sont particulièrement bien placés pour évaluer le domicile et proposer un plan d’adaptation personnalisé. Certaines dépenses peuvent être financées par la Prestation de compensation du handicap (PCH), l’APA, des aides de l’ANAH ou des caisses de retraite. En anticipant ces aménagements dès les premiers stades de la maladie, vous augmentez considérablement les chances de maintenir le plus longtemps possible une vie à domicile sécurisée.
Portage de repas thérapeutiques et surveillance nutritionnelle
Les troubles de la mémoire, de l’initiative et de la déglutition rendent la gestion des repas particulièrement délicate pour les personnes atteintes d’Alzheimer. On observe fréquemment des oublis de repas, une perte d’intérêt pour l’alimentation, voire des comportements inadaptés (manger des aliments périmés, oublier d’éteindre la plaque de cuisson). Le portage de repas à domicile, avec menus adaptés et surveillance nutritionnelle, représente donc une assistance clé pour prévenir la dénutrition et la déshydratation.
Les services de portage de repas livrent des plats équilibrés, parfois mixés ou enrichis en fonction des besoins, et peuvent s’adapter aux régimes spécifiques (diabète, insuffisance cardiaque, troubles de la déglutition). Certains dispositifs incluent un passage quotidien d’un livreur formé, qui vérifie discrètement que la personne va bien, qu’elle a ouvert ses barquettes et qu’aucun comportement inhabituel ne se manifeste. Ce « regard extérieur » est précieux pour alerter les proches en cas de perte de poids, de refus alimentaire ou de changement d’humeur.
Un suivi rapproché par le médecin traitant, éventuellement complété par un diététicien, permet d’ajuster les apports caloriques et protéiques, et d’identifier précocement les risques de carences. Là encore, l’APA, les caisses de retraite ou certaines collectivités locales peuvent contribuer au financement du portage de repas. En combinant aide à la préparation des repas, orthophonie pour la déglutition et surveillance nutritionnelle, on met toutes les chances de son côté pour maintenir un bon état général malgré la progression de la maladie.
Structures d’accueil de jour et répit familial
Lorsque la maladie d’Alzheimer progresse, l’assistance à domicile ne suffit parfois plus à couvrir tous les besoins, notamment en matière de stimulation cognitive, de socialisation et de repos pour l’aidant. C’est là que les structures d’accueil de jour et les dispositifs de répit familial prennent tout leur sens. Ils offrent un environnement sécurisé, des activités adaptées et un encadrement professionnel, tout en permettant à la personne de rentrer dormir chez elle. Pour les proches, ces solutions représentent une bouffée d’oxygène indispensable pour éviter l’épuisement.
En France, l’accueil de jour peut être intégré dans le plan d’aide APA et s’articule souvent avec d’autres dispositifs : plateformes de répit, haltes répit, hébergements temporaires en EHPAD. Vous vous demandez si votre proche est prêt pour ce type de structure ? Les équipes d’évaluation (CLIC, ESA, médecins) peuvent vous aider à déterminer le bon moment et à choisir le lieu le plus adapté à son profil et à vos attentes.
Accueil de jour alzheimer avec ateliers de stimulation cognitive
Les accueils de jour Alzheimer sont des structures médico-sociales qui accueillent les personnes atteintes de troubles cognitifs pour une ou plusieurs journées par semaine. Ils proposent un accompagnement individualisé avec des ateliers de stimulation cognitive, sensorielle et motrice : jeux de mémoire, activités manuelles, jardinage, musicothérapie, gymnastique douce, cuisine. L’objectif est de maintenir les capacités restantes, de favoriser le lien social et de redonner un cadre structurant à la journée.
Encadrés par des professionnels formés (aides-soignants, animateurs spécialisés, psychologues, ergothérapeutes), ces ateliers sont adaptés au rythme et aux capacités de chacun. On ne cherche pas la performance, mais le plaisir, la participation et la valorisation. Pour la personne malade, venir en accueil de jour, c’est souvent retrouver un « lieu de vie » hors du domicile, rencontrer d’autres personnes et rompre avec la monotonie. Pour l’aidant, c’est disposer de quelques heures régulières pour se reposer, faire des démarches ou poursuivre une activité professionnelle.
Les frais d’accueil de jour peuvent être partiellement couverts par l’APA et, parfois, par des aides complémentaires (caisses de retraite, mutuelles, collectivités). Avant la première admission, une visite de la structure est généralement proposée, afin que vous puissiez rencontrer l’équipe, découvrir les locaux et vérifier si l’ambiance correspond à vos attentes. Une période d’essai progressive peut aider la personne à s’habituer à ce nouveau cadre.
Hébergement temporaire en EHPAD spécialisé
L’hébergement temporaire en EHPAD spécialisé Alzheimer constitue une autre forme d’assistance précieuse, souvent sous-utilisée par méconnaissance. Il s’agit d’un accueil de quelques jours à quelques semaines dans un établissement médicalisé, avec un retour à domicile prévu. Ce dispositif peut être mobilisé lorsque l’aidant a besoin de s’absenter (hospitalisation, vacances, surcharge professionnelle) ou lorsque l’état de la personne nécessite une surveillance renforcée ponctuelle.
Sur place, la personne bénéficie de la même qualité de soins et d’accompagnement que les résidents permanents : suivi médical, aide à la toilette, repas adaptés, activités de stimulation. Cette « parenthèse » permet parfois de réajuster les traitements, d’évaluer l’autonomie réelle ou de tester l’acceptation d’un cadre institutionnel en vue d’une entrée définitive plus tard. Pour l’aidant, c’est l’occasion de souffler sans culpabilité, en sachant que son proche est en sécurité.
Le coût de l’hébergement temporaire dépend des tarifs de l’EHPAD et peut être partiellement compensé par l’APA, l’Aide sociale à l’hébergement (ASH) ou certaines aides de caisses de retraite. Il est conseillé d’anticiper les demandes, car les places dédiées sont parfois limitées. N’hésitez pas à vous rapprocher des plateformes de répit, des CLIC ou des services sociaux pour identifier les établissements proposant ce type de séjour dans votre département.
Plateformes de répit avec prise en charge psychologique des aidants
Les plateformes d’accompagnement et de répit ont été créées spécifiquement pour répondre aux besoins des aidants familiaux de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Leur mission : centraliser l’information, coordonner les solutions de répit, proposer un soutien psychologique et des temps d’échange. Elles fonctionnent comme une « porte d’entrée unique » vers un ensemble de services : groupes de parole, cafés des aidants, entretiens individuels avec un psychologue, ateliers de formation.
En participant à ces dispositifs, vous pouvez mieux comprendre la maladie, apprendre des stratégies de communication, partager vos difficultés avec d’autres aidants et, surtout, rompre l’isolement. Beaucoup d’aidants décrivent ce soutien comme un véritable « filet de sécurité émotionnel », qui permet de tenir dans la durée. Les professionnels de ces plateformes peuvent également vous accompagner dans les démarches administratives (dossiers APA, MDPH, aides financières) et vous orienter vers les structures adaptées à votre situation.
La plupart de ces services sont gratuits ou à coût modéré, financés par les agences régionales de santé (ARS), les départements et des associations nationales comme France Alzheimer. Pour savoir où se situe la plateforme la plus proche, vous pouvez contacter votre CLIC, votre CCAS ou consulter les annuaires spécialisés des plans Alzheimer et maladies neurodégénératives. Ne pas rester seul avec ses questions et sa fatigue est l’un des meilleurs moyens de prévenir l’épuisement.
Centres de jour thérapeutiques avec ergothérapie et art-thérapie
À côté des accueils de jour classiques, certains centres de jour thérapeutiques sont spécialement orientés vers des interventions de réhabilitation et de stimulation ciblée. Ils proposent, sur prescription médicale, des séances d’ergothérapie, de psychomotricité, d’art-thérapie ou de musicothérapie structurées dans un cadre clinique. On peut les comparer à des « laboratoires du quotidien », où l’on teste et renforce les capacités de la personne pour mieux les transférer à la maison.
L’ergothérapeute y travaille l’autonomie dans les gestes de tous les jours (se laver, s’habiller, préparer un repas), en utilisant des exercices et des mises en situation. L’art-thérapeute ou le musicothérapeute mobilisent, quant à eux, les émotions et la créativité pour contourner les difficultés de langage et de mémoire. Peinture, modelage, chant, écoute musicale : autant de médiations qui stimulent d’autres circuits cérébraux et redonnent du plaisir à la personne, au-delà de la maladie.
Ces centres de jour thérapeutiques peuvent être rattachés à des hôpitaux de jour gériatriques, à des EHPAD ou à des structures médico-sociales spécialisées. Le financement varie selon le statut de l’établissement, mais une partie des soins peut être prise en charge par l’Assurance maladie, notamment lorsque les séances s’inscrivent dans un programme de soins de suite ou de réadaptation. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou de la consultation mémoire pour savoir si ce type de centre existe dans votre région.
Technologies d’assistance et objets connectés pour personnes démentes
Les nouvelles technologies occupent une place croissante dans l’assistance aux personnes atteintes d’Alzheimer. Loin de remplacer la présence humaine, elles agissent comme des compléments intelligents qui sécurisent, structurent le quotidien et facilitent la communication avec les proches. Montres GPS, détecteurs de fuite d’eau ou de gaz, piluliers électroniques, agendas numériques simplifiés, tablettes avec interface adaptée : le marché regorge de solutions plus ou moins sophistiquées.
Pour autant, toutes ces innovations ne sont pas forcément pertinentes pour chaque personne. La clé est de choisir des outils simples, bien acceptés, et réellement utiles au regard du stade de la maladie. Par exemple, un partage de position via smartphone peut suffire pour un stade débutant, tandis qu’un bracelet de géolocalisation dédié sera plus adapté à un stade modéré avec troubles de l’orientation. Comme pour une boîte à outils, mieux vaut quelques dispositifs bien utilisés qu’une panoplie d’objets connectés qui restent au fond d’un tiroir.
Avant d’investir, il est important de s’interroger sur le respect des libertés individuelles, la confidentialité des données et le consentement de la personne. Une géolocalisation imposée, vécue comme une atteinte à l’intimité, risque d’être rejetée et contre-productive. À l’inverse, lorsqu’elle est expliquée, discutée et intégrée comme un moyen de continuer à sortir en toute sécurité, elle peut être très bien acceptée. N’hésitez pas à demander conseil aux professionnels (ergothérapeutes, ESA, associations) pour évaluer la pertinence de tel ou tel outil dans votre situation.
Accompagnement psychosocial et soutien aux aidants familiaux
La maladie d’Alzheimer ne touche pas seulement le patient, elle impacte tout son entourage. Les proches aidants prennent en charge, souvent au quotidien, l’organisation des soins, les tâches domestiques, la gestion administrative et le soutien émotionnel. À long terme, cette charge peut entraîner fatigue, isolement, anxiété, voire dépression. C’est pourquoi l’accompagnement psychosocial fait pleinement partie des types d’assistance adaptés aux personnes atteintes d’Alzheimer… et à leurs familles.
En pratique, cet accompagnement repose sur plusieurs piliers : information fiable sur la maladie, soutien psychologique, groupes de parole, visites de convivialité, formations et dispositifs de répit. Les associations spécialisées, comme France Alzheimer, jouent un rôle central en proposant des sessions de formation pour aidants, des permanences téléphoniques, des forums en ligne ou des rencontres locales. Vous pouvez y apprendre des techniques concrètes pour mieux communiquer, gérer les troubles du comportement et préserver votre propre équilibre.
Sur le plan administratif et financier, des assistants sociaux, les CLIC, les CCAS et les plateformes d’accompagnement peuvent vous aider à monter les dossiers APA, PCH, AAH, ASH ou demandes de congés de proche aidant. Des psychologues peuvent également intervenir, en libéral ou au sein de structures, pour vous offrir un espace d’écoute et de soutien. Se reconnaître en tant qu’aidant, accepter de demander de l’aide et de prendre du temps pour soi ne sont pas des signes de faiblesse, mais des conditions pour pouvoir accompagner son proche dans la durée.
Hébergement permanent en établissements médicalisés EHPAD et USLD
Malgré la qualité des aides à domicile et des dispositifs de répit, vient parfois un moment où le maintien à domicile n’est plus possible ou plus souhaitable : perte d’autonomie majeure, troubles du comportement sévères, épuisement de l’aidant, risques répétés pour la sécurité. L’hébergement permanent en établissement médicalisé (EHPAD ou unité de soins de longue durée – USLD) devient alors une solution d’assistance adaptée, permettant un accompagnement continu 24h/24.
Les EHPAD spécialisés Alzheimer disposent souvent d’unités de vie protégée et de Pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) pour les résidents désorientés. Ils proposent un projet d’accompagnement personnalisé, associant soins médicaux, aide à la vie quotidienne, stimulation cognitive et activités sociales. Les USLD, rattachées à des hôpitaux, accueillent plutôt les personnes très dépendantes nécessitant un suivi médical lourd. Dans les deux cas, la présence d’équipes pluridisciplinaires formées (médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologues, ergothérapeutes, animateurs) garantit une prise en charge globale.
Le choix d’entrer en établissement est souvent difficile émotionnellement, pour la personne comme pour ses proches. Il s’agit d’une étape importante, qui mérite d’être préparée : visites des lieux, rencontres avec l’équipe, échanges sur les attentes et les craintes. Les aides financières comme l’ASH, l’APL/ALS, l’APA en établissement ou l’ASPA peuvent contribuer à réduire le reste à charge. Envisager cette solution, ce n’est pas « abandonner » son proche, mais lui offrir un cadre sécurisé et adapté, tout en transformant le rôle de l’aidant qui devient davantage un « accompagnant » qu’un « soignant » au quotidien.
En définitive, les types d’assistance adaptés aux personnes atteintes d’Alzheimer forment un continuum, du domicile à l’établissement, du soutien médical à l’accompagnement psychosocial. L’enjeu, pour vous comme pour les professionnels, est d’ajuster en permanence ce dispositif aux besoins réels, à l’histoire de vie et aux souhaits de la personne malade, afin de préserver au mieux sa dignité, sa sécurité et sa qualité de vie.