Le vieillissement de la population française s’accompagne d’une demande croissante en matière d’accompagnement à domicile. Face à la perte d’autonomie progressive ou soudaine, de nombreuses familles se tournent vers les services d’aide et de garde à domicile pour leurs proches âgés. Ces prestations permettent de maintenir les seniors dans leur environnement familier tout en garantissant leur sécurité et leur bien-être. Mais que recouvrent précisément ces services ? Au-delà de la simple présence rassurante, l’accompagnement à domicile englobe un spectre très large d’interventions : des soins d’hygiène aux actes paramédicaux, de l’aide alimentaire à la stimulation cognitive, en passant par l’entretien du logement et le soutien social. Comprendre l’étendue de ces prestations est essentiel pour choisir la formule la mieux adaptée aux besoins spécifiques de chaque personne âgée.

Les soins d’hygiène corporelle et assistance aux gestes essentiels du quotidien

L’assistance aux actes essentiels de la vie quotidienne constitue le socle fondamental des services d’aide à domicile pour personnes âgées. Ces interventions visent à compenser la perte d’autonomie dans les gestes les plus intimes et indispensables. Les professionnels intervenant dans ce cadre possèdent généralement un diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) ou d’accompagnant éducatif et social (DEAES), leur permettant d’effectuer des actes de nursing tout en respectant la dignité et l’intimité de la personne accompagnée. Ces prestations s’adaptent au degré de dépendance évalué selon la grille AGGIR, qui détermine le niveau d’aide nécessaire et les financements possibles via l’Allocation Personnalisée d’Autonomie.

La toilette complète au lit ou au lavabo avec soins de nursing

La toilette quotidienne représente un moment crucial dans la journée d’une personne âgée dépendante. Les auxiliaires de vie réalisent des toilettes complètes ou partielles, au lit pour les personnes alitées ou au lavabo pour celles conservant une certaine mobilité. Cette prestation inclut le lavage du corps, le shampoing, les soins bucco-dentaires, ainsi que l’application de crèmes hydratantes et de produits spécifiques pour prévenir les escarres. Les professionnels sont formés aux techniques de manutention douce et aux protocoles d’hygiène stricts. Pour les personnes atteintes de pathologies comme Alzheimer, l’approche doit être particulièrement rassurante et ritualisée, car ces patients peuvent manifester de l’anxiété face aux soins d’hygiène.

L’habillage et le déshabillage adapté aux pathologies gériatriques

L’aide à l’habillage va bien au-delà du simple fait de mettre des vêtements. Elle nécessite une connaissance approfondie des pathologies gériatriques pour adapter les gestes aux limitations physiques de chaque personne. Pour un patient hémiplégique suite à un AVC, par exemple, l’auxiliaire de vie commence toujours par habiller le côté paralysé en premier. Pour les personnes atteintes d’arthrose sévère ou de rhumatismes, le choix de vêtements adaptés (sans boutons complexes, avec des fermetures éclair faciles à manipuler) facilite grandement l’autonomie résiduelle. Les professionnels veillent également à respecter les préférences vestimentaires de la personne, élément important pour maintenir l’estime de soi et l’identité personnelle malgré la dépendance.

Les transferts sécurisés : lit-fauteuil et prévention des chutes

Les transferts lit-fauteuil, lit-fauteuil roulant ou lit-toilettes font partie des moments les plus à risque dans la journée d’une personne âgée dépendante. L’auxiliaire de vie est formé aux techniques de manutention sécurisées : positionnement correct du dos, appuis stables, utilisation d’aides techniques (lève-personne, planche de transfert, déambulateur) et consignes verbales claires adressées au senior. L’objectif est double : éviter les chutes de la personne aidée et prévenir les troubles musculo-squelettiques chez le professionnel et les aidants familiaux.

Dans le cadre d’une aide ou d’une garde à domicile pour personnes âgées, ces transferts sont pensés comme de véritables « micro-projets de mobilité ». On anticipe le parcours, on dégage les obstacles, on ajuste la hauteur du lit ou du fauteuil, on vérifie le bon chaussage et l’utilisation d’aides à la marche adaptées. Pour les personnes atteintes de Parkinson, d’AVC ou de pathologies neurodégénératives, le rythme doit être particulièrement lent, avec des consignes répétées étape par étape pour limiter les blocages et les pertes d’équilibre.

La prévention des chutes s’inscrit aussi dans l’aménagement global du domicile : suppression des tapis glissants, installation de barres d’appui, bonne luminosité des couloirs, repères visuels contrastés. L’auxiliaire de vie peut alerter la famille ou l’ergothérapeute lorsqu’il repère un danger récurrent. Cette vigilance quotidienne fait souvent la différence entre un maintien à domicile serein et des hospitalisations répétées liées aux chutes.

L’accompagnement aux toilettes et gestion de l’incontinence

L’accompagnement aux toilettes est une composante essentielle de l’aide à domicile pour les personnes âgées, mais aussi l’une des plus sensibles sur le plan de la dignité. Les intervenants veillent à respecter au maximum l’intimité de la personne : porte fermée, accompagnement verbal rassurant, gestes discrets et usage systématique de protections adaptées. Selon le degré d’autonomie, l’aide peut se limiter à sécuriser le trajet jusqu’aux WC, ou inclure l’installation sur un siège surélevé, l’essuyage et la réinstallation au fauteuil ou au lit.

La gestion de l’incontinence urinaire ou fécale fait partie des missions de nursing de l’auxiliaire de vie, toujours dans le respect des prescriptions médicales et des protocoles d’hygiène. Changement régulier des protections, soins de la peau pour prévenir les irritations, surveillance d’éventuelles rougeurs ou plaies sont effectués avec minutie. Pour les familles, il s’agit souvent d’un immense soulagement que ces gestes très intimes soient pris en charge par un professionnel formé, plutôt que de reposer entièrement sur les proches aidants.

Un suivi rigoureux des habitudes d’élimination (fréquence, douleurs, épisodes de constipation ou de diarrhée) permet également de repérer rapidement un problème de santé sous-jacent. L’auxiliaire de vie tient alors informés l’entourage et, si besoin, les soignants (médecin, infirmier libéral) afin d’adapter le plan d’aide ou le traitement. On évite ainsi les complications fréquentes chez les seniors, comme les infections urinaires ou les déshydratations liées à la peur de boire.

L’aide à l’alimentation et surveillance nutritionnelle personnalisée

L’aide à l’alimentation fait partie intégrante de l’aide ou de la garde à domicile pour personnes âgées, car l’avancée en âge s’accompagne souvent de troubles de l’appétit, de difficultés de mastication ou de déglutition. Or, la dénutrition touche près d’un senior sur dix vivant à domicile selon les dernières études épidémiologiques. Prévenir cette fragilisation nutritionnelle, c’est réduire les risques de chutes, d’infections, de perte de masse musculaire et d’hospitalisation. Les auxiliaires de vie jouent ici un rôle clé, à la frontière entre soutien pratique et vigilance sanitaire.

La préparation de repas adaptés aux régimes thérapeutiques spécifiques

De nombreux seniors doivent suivre des régimes thérapeutiques : diabète, insuffisance cardiaque ou rénale, hypercholestérolémie, dénutrition, troubles digestifs… L’aide à domicile assure la préparation de repas compatibles avec ces contraintes médicales, tout en conservant le plaisir de manger. Réduction du sel, limitation des sucres rapides, enrichissement en protéines, adaptation des quantités : chaque menu est pensé pour répondre aux recommandations du médecin ou du diététicien.

Concrètement, l’auxiliaire de vie peut planifier les menus de la semaine, vérifier les dates de péremption, faire les courses et cuisiner à partir de produits frais. Lorsque l’on parle de maintien à domicile, il ne s’agit pas seulement de « nourrir » la personne âgée, mais de lui proposer une alimentation variée, colorée et appétissante. Un plat favori revisité pour un régime sans sel ou une texture modifiée peut devenir un véritable levier de motivation pour un senior qui mange peu.

Pour les personnes très fatiguées ou à mobilité réduite, la préparation de repas en avance, puis le conditionnement en portions individuelles au réfrigérateur ou au congélateur, permet d’assurer une continuité alimentaire. Vous pouvez ainsi être rassuré : même en cas d’absence ponctuelle de l’auxiliaire, la personne âgée dispose de repas prêts à être réchauffés, adaptés à son régime et faciles à consommer.

L’assistance à la prise alimentaire pour dysphagie et troubles de déglutition

Chez certains seniors, notamment après un AVC ou en cas de maladies neurodégénératives, la simple action de manger devient complexe et risquée. La dysphagie (trouble de la déglutition) expose au risque de fausse route et de pneumonie d’inhalation. L’assistance à la prise alimentaire fait alors partie des missions prioritaires de l’aide à domicile pour personnes âgées, en lien étroit avec les recommandations du médecin et de l’orthophoniste.

Positionnement correct en position assise, inclinaison légère du tronc vers l’avant, petites bouchées, rythme lent, consistance adaptée des aliments et boissons épaissies : chaque détail compte pour sécuriser le repas. L’auxiliaire de vie observe attentivement les signes d’alerte (toux, voix mouillée, fatigue importante pendant le repas) et interrompt immédiatement la prise alimentaire en cas de difficulté. Il ne s’agit pas seulement d’« aider à manger », mais d’être un véritable « garde-fou » contre les complications respiratoires.

Cette présence rassurante pendant les repas est également précieuse pour les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou apparentée, qui oublient parfois qu’elles doivent manger ou qui se déconcentrent rapidement. L’auxiliaire réoriente doucement, rappelle l’objectif du repas, valorise chaque bouchée avalée. Comme un métronome bienveillant, il donne le tempo et sécurise ce moment parfois éprouvant pour la personne âgée comme pour ses proches.

Le contrôle de l’hydratation et prévention de la dénutrition

La déshydratation est une urgence gériatrique fréquente, en particulier lors des épisodes de canicule ou d’infections. Beaucoup de personnes âgées ressentent moins la soif, ou limitent volontairement leurs apports hydriques par crainte de chutes ou d’incontinence nocturne. L’aide ou la garde à domicile intègre donc le contrôle régulier des boissons consommées et la mise en place de petites stratégies pour encourager l’hydratation : verres d’eau fractionnés, jus adaptés, tisanes, bouillons, gelées d’eau, etc.

L’auxiliaire de vie peut tenir un tableau simple de suivi des apports hydriques et alimentaires, transmis à la famille ou au médecin en cas d’alerte. Perte de poids rapide, vêtements qui flottent, fatigue marquée, peau sèche, confusion passagère : autant de signaux faibles qui, repérés à temps, permettent d’ajuster l’aide à domicile ou de revoir un traitement. Vous l’aurez compris, la surveillance nutritionnelle n’est pas un « plus », mais un pilier du maintien à domicile sécurisé.

Pour prévenir la dénutrition, il est souvent nécessaire d’enrichir les repas en calories et en protéines : ajout de beurre, de crème, de fromage râpé, de poudre de lait, de compléments nutritionnels oraux prescrits par le médecin. Là encore, l’auxiliaire de vie est le garant de la bonne application des recommandations, tout en veillant à ce que ces apports restent plaisants et tolérés par la personne âgée.

La gestion des textures modifiées et alimentation mixée

La gestion des textures modifiées (hachée, moulinée, mixée, lisse) constitue un volet très spécifique de l’aide à domicile pour personnes âgées présentant des troubles de la mastication ou de la déglutition. L’objectif est de proposer des repas faciles à avaler, tout en conservant un aspect appétissant. Un plat mixé servi dans un bol, avec chaque composant séparé (viande, légumes, féculents), sera bien mieux accepté qu’une purée uniforme sans couleur ni saveur.

Les auxiliaires de vie apprennent à adapter la texture des aliments en fonction des préconisations : viandes cuites longuement puis effilochées, légumes moulinés, fruits mixés, sauces lissées. Ils savent aussi utiliser des épaississants pour les liquides, afin de limiter les risques de fausse route. Cette expertise pratique complète le travail des orthophonistes et diététiciens, en assurant au quotidien la cohérence du régime prescrit.

Il faut enfin prendre en compte la dimension psychologique : accepter de manger mixé n’est pas évident pour tout le monde. L’intervenant à domicile prend le temps d’expliquer, de rassurer, de valoriser la personne âgée. Comme pour un enfant qui découvre de nouvelles textures, l’accompagnement bienveillant permet une meilleure adhésion au projet alimentaire, et donc une meilleure sécurité au domicile.

L’accompagnement aux actes médicaux et paramédicaux à domicile

Si l’aide ou la garde à domicile pour les personnes âgées ne se substitue jamais aux professionnels de santé, elle joue un rôle de relais précieux entre le senior, sa famille et l’équipe médicale. Dans un contexte où l’hospitalisation à domicile et les soins ambulatoires se développent, la coordination autour de la personne devient centrale. L’auxiliaire de vie, en première ligne au quotidien, observe, alerte, accompagne et sécurise la mise en œuvre des prescriptions.

La surveillance glycémique pour patients diabétiques

Le suivi du diabète à domicile repose sur plusieurs piliers : respect du régime alimentaire, prise correcte des médicaments ou de l’insuline, activité physique adaptée, et surveillance régulière de la glycémie. Selon le cadre légal et les protocoles locaux, l’auxiliaire de vie peut aider la personne à installer son lecteur de glycémie, préparer le matériel, noter les résultats dans un carnet et rappeler les consignes données par l’infirmier ou le médecin.

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic, mais de repérer les valeurs inhabituelles et les signes cliniques d’hyper ou d’hypoglycémie : sueurs, tremblements, confusion, somnolence, soif intense. En cas de doute, l’intervenant contacte les professionnels référents ou les proches, selon les procédures prévues dans le plan d’aide. Dans un système de santé où les consultations spécialisées sont parfois espacées, cette vigilance quotidienne contribue à limiter les complications du diabète chez les personnes âgées.

Vous vous demandez peut-être si cette surveillance ne risque pas d’être vécue comme intrusive ? En réalité, lorsqu’elle est expliquée et contractualisée au départ, elle est souvent perçue comme une sécurité supplémentaire, permettant au senior de rester autonome tout en ayant un « garde-fou » discret à domicile.

L’administration de traitements selon protocole médical établi

L’administration des traitements médicamenteux au domicile obéit à un cadre précis. Les actes relevant du rôle propre infirmier (injections, perfusions, adaptation de doses) restent de la compétence des IDEL (infirmiers diplômés d’État libéraux). En revanche, l’aide ou la garde à domicile peut intervenir dans la préparation du pilulier, le rappel des horaires de prise, la vérification que les comprimés ont bien été avalés, et le signalement de tout effet secondaire suspect.

Cette mission est particulièrement importante chez les personnes âgées polymédiquées, pour lesquelles la gestion des ordonnances peut rapidement devenir un casse-tête. Comme un « chef d’orchestre logistique », l’auxiliaire de vie aide à organiser les boîtes de médicaments, à classer les ordonnances, à anticiper les renouvellements en lien avec l’officine. Il peut également accompagner le senior à la pharmacie ou transmettre les informations importantes au pharmacien référent.

Une erreur de prise médicamenteuse peut avoir des conséquences graves chez le sujet âgé : chute de tension, confusion, chute, aggravation de la pathologie. Structurer la gestion des traitements fait donc partie intégrante d’un accompagnement à domicile sécurisé, au même titre que la prévention des chutes ou la surveillance nutritionnelle.

La coordination avec les IDEL et professionnels de santé libéraux

Le maintien à domicile repose sur une véritable « équipe invisible » autour de la personne âgée : médecin traitant, infirmiers libéraux, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychologues, services d’hospitalisation à domicile, etc. Dans ce réseau, l’auxiliaire de vie occupe une place de vigie. Présent plusieurs heures par jour ou par semaine, il observe l’évolution de l’état de santé et transmet des informations précieuses aux soignants.

Concrètement, la coordination se traduit par l’utilisation d’un cahier de liaison au domicile, de comptes rendus transmis à l’agence ou au service autonomie à domicile, et d’échanges réguliers avec les IDEL lors de leurs passages. Vous pouvez imaginer ce cahier comme une « boîte noire » du quotidien : tout ce qui concerne l’état de la personne y est noté, ce qui permet à chaque intervenant de comprendre ce qui s’est passé entre deux visites.

Cette coopération interprofessionnelle est particulièrement cruciale en sortie d’hospitalisation, après une chute, une chirurgie ou un épisode aigu. Elle évite les ruptures dans le parcours de soins, limite les ré-hospitalisations évitables et rassure la famille, qui sait que l’information circule de manière fiable entre tous les acteurs impliqués.

La télésurveillance médicale et utilisation d’objets connectés gérontechnologiques

La gérontechnologie connaît un développement rapide : tensiomètres connectés, balances communicantes, capteurs de mouvement, bracelets de téléassistance, médicaments connectés… Dans le cadre de l’aide à domicile pour personnes âgées, ces outils ne remplacent pas la présence humaine, mais ils la complètent efficacement. Ils permettent de suivre à distance certains paramètres (tension artérielle, poids, activité nocturne) et d’alerter en cas d’anomalie.

Les auxiliaires de vie jouent un rôle clé dans la mise en route et l’appropriation de ces dispositifs. Ils aident la personne âgée à utiliser les objets connectés, à les recharger, à interpréter les signaux simples (voyants, messages) et à transmettre les données aux professionnels de santé lorsque cela est prévu. Sans cet accompagnement, beaucoup de seniors renonceraient à ces technologies jugées trop complexes.

On pourrait comparer ces objets à des « anges gardiens numériques » : ils veillent en continu, mais ont besoin d’un médiateur humain pour être réellement efficaces et acceptés. La réussite d’un projet de télésurveillance repose donc largement sur la qualité de l’accompagnement à domicile, sur la pédagogie et sur la capacité à adapter l’outil aux capacités cognitives et sensorielles de la personne âgée.

Les services d’entretien du cadre de vie et logistique domestique

Un domicile propre, rangé et fonctionnel est un facteur majeur de bien-être et de sécurité pour les personnes âgées. Pourtant, les tâches ménagères sont souvent les premières à devenir difficiles : passer l’aspirateur, laver les sols, faire la lessive, repasser, changer les draps… L’aide ménagère fait donc partie intégrante des services d’aide et de garde à domicile, qu’elle soit assurée par la même auxiliaire de vie ou par un intervenant dédié.

Les prestations d’entretien du cadre de vie incluent généralement le nettoyage des pièces de vie, de la cuisine et de la salle de bain, la gestion du linge (lavage, séchage, pliage, repassage), la vaisselle, la sortie des poubelles et parfois de petits travaux de rangement. Au-delà du confort, ces actions contribuent directement à la prévention des chutes (moins d’objets au sol, pas de flaques d’eau, éclairage dégagé) et à la prévention des infections (toilettes et surfaces régulièrement désinfectées).

L’accompagnement logistique peut également comprendre la gestion des courses, la réception des livraisons, la vérification des dates de péremption dans le réfrigérateur, ou encore l’organisation d’interventions de dépannage (plombier, électricien). Pour une famille, savoir qu’une personne de confiance veille à ces aspects pratiques est un réel soulagement. Vous pouvez ainsi vous concentrer davantage sur la relation affective avec votre proche, tout en étant assuré que son environnement de vie reste sain et sécurisé.

L’accompagnement social et stimulation cognitive contre l’isolement

L’isolement social constitue l’un des principaux facteurs de perte d’autonomie chez les personnes âgées. Vivre seul, perdre un conjoint, voir son cercle d’amis se réduire, ne plus conduire : autant de situations qui exposent au repli sur soi, à la dépression et au déclin cognitif. L’aide ou la garde à domicile ne se limite donc pas aux gestes techniques. Elle englobe un volet social et relationnel fondamental, visant à maintenir le lien avec le monde extérieur et à stimuler les fonctions cognitives.

Les activités de réminiscence et ateliers mémoire adaptés

Les activités de réminiscence consistent à solliciter les souvenirs anciens, souvent mieux préservés que les souvenirs récents chez les personnes âgées. Feuilleter un album photo, écouter des chansons d’époque, parler du métier exercé, cuisiner une recette traditionnelle de famille : autant d’occasions de faire revivre les souvenirs et de valoriser l’histoire de vie du senior. Dans le cadre d’une garde à domicile, ces temps d’échange structurés sont de véritables séances de stimulation cognitive douce.

Les ateliers mémoire, quant à eux, peuvent prendre la forme de petits exercices ludiques : jeux de mots, calculs simples, repérage dans le temps et l’espace, classement d’objets, lecture de journaux et discussion sur l’actualité. L’objectif n’est pas de « faire travailler » la personne comme à l’école, mais de maintenir les fonctions cognitives par des activités plaisantes et adaptées à ses capacités. Comme un muscle, le cerveau a besoin d’être sollicité régulièrement pour conserver sa souplesse.

Pour les proches, ces activités sont aussi une façon de mieux comprendre ce qui reste possible malgré la maladie ou la fragilité. En observant un atelier mémoire, on réalise souvent que la personne âgée conserve de nombreuses compétences, même si certaines sphères sont atteintes. Cela permet de redonner du sens au maintien à domicile et d’ajuster les attentes de chacun.

L’accompagnement aux sorties culturelles et rendez-vous médicaux

L’accompagnement aux sorties fait partie des services les plus appréciés dans l’aide à domicile pour personnes âgées. Aller au marché, au parc, à la bibliothèque, au cinéma, assister à un office religieux, participer à un club de quartier : ces activités redonnent du souffle au quotidien, rompent la monotonie et nourrissent l’estime de soi. L’auxiliaire de vie sécurise les déplacements, aide à l’orientation, veille à la fatigue et aux besoins de pause.

Les rendez-vous médicaux représentent une autre facette de cet accompagnement : consultation chez le médecin traitant, spécialistes, examens à l’hôpital ou en laboratoire. Pour beaucoup de seniors, il est rassurant de ne pas se rendre seul à ces rendez-vous parfois anxiogènes. L’intervenant peut aider à préparer les documents nécessaires, à noter les questions à poser, puis à restituer les informations aux proches si la personne le souhaite.

On pourrait comparer cet accompagnement extérieur à un « pont » entre le domicile et le reste du monde. Sans ce pont, le risque est grand que la personne âgée se retrouve confinée chez elle, avec un maintien à domicile purement physique mais un appauvrissement progressif de sa vie sociale. Grâce à la présence d’un professionnel, ces sorties redeviennent possibles et sécurisées.

La stimulation par méthode montessori adaptée aux seniors

La méthode Montessori, initialement développée pour les enfants, a été progressivement adaptée aux personnes âgées, notamment celles présentant des troubles cognitifs. Appliquée au domicile, elle vise à redonner du pouvoir d’agir au senior en lui proposant des activités concrètes, sensorielles et significatives : plier des serviettes, trier des objets par couleur ou par taille, transvaser des graines, arroser des plantes, préparer une salade de fruits.

Dans cette approche, l’auxiliaire de vie joue le rôle de guide discret : il prépare le matériel, montre le geste une fois, puis laisse la personne réaliser elle-même, sans la juger ni corriger systématiquement. Le but n’est pas la performance, mais l’engagement et le plaisir de faire. Pour une personne atteinte d’Alzheimer, réussir à boutonner elle-même un vêtement ou à verser de l’eau sans renverser est une vraie victoire, qui renforce l’estime de soi et le sentiment d’utilité.

Intégrer des principes Montessori dans l’aide à domicile pour personnes âgées, c’est passer d’une logique de « faire à la place de » à une logique de « faire avec » et « permettre de faire ». Ce changement de regard transforme la relation d’aide : la personne n’est plus seulement bénéficiaire de soins, elle redevient actrice de son quotidien, à la mesure de ses capacités.

La surveillance nocturne et garde de nuit thérapeutique

Les besoins d’aide ne s’interrompent pas toujours à la tombée de la nuit. Troubles du sommeil, levers nocturnes fréquents, anxiété vespérale, risque de déambulation, incontinence, douleurs : autant de situations qui rendent la nuit particulièrement délicate pour certaines personnes âgées, et épuisante pour leurs proches. La garde de nuit thérapeutique répond précisément à ces enjeux, en assurant une présence humaine continue et rassurante au domicile.

Selon les besoins, la garde de nuit peut prendre plusieurs formes : simple présence vigilantante dans une pièce voisine, passages réguliers programmés (garde itinérante), ou surveillance active avec assistance à chaque lever. L’auxiliaire de vie aide à la préparation du coucher (toilette, change, prise des traitements du soir, installation confortable), puis reste disponible pour accompagner les déplacements vers les toilettes, ajuster la position dans le lit, proposer une boisson ou une écoute en cas d’angoisse nocturne.

Sur le plan thérapeutique, cette surveillance nocturne limite considérablement les risques de chute, de confusion aiguë, de fugue ou de crise d’angoisse. Elle permet également de mieux observer le rythme veille-sommeil, les douleurs nocturnes et les comportements inhabituels (déambulation, agitation, cauchemars), informations précieuses pour le médecin traitant ou le gériatre. Pour les aidants familiaux, c’est souvent la condition pour pouvoir se reposer réellement la nuit et tenir dans la durée.

Vous hésitez peut-être à mettre en place une garde de nuit par peur de trop « médicaliser » le domicile ? Il faut rappeler qu’il s’agit avant tout d’une présence bienveillante, respectueuse du rythme de la personne et centrée sur son confort. Dans de nombreuses situations (post-chute, maladie d’Alzheimer, fin de vie à domicile), cette présence nocturne fait la différence entre un retour précipité à l’hôpital et la possibilité de continuer à vivre chez soi, entouré et en sécurité, 24 heures sur 24.