
Vieillir chez soi reste le souhait d’une immense majorité de Français de plus de 60 ans. Pourtant, à partir de 65 ans, près de 3 accidents domestiques sur 4 sont liés à une chute, et deux chutes sur trois surviennent au domicile. Adapter l’habitat d’une personne âgée n’est donc pas un confort de plus, mais une condition de sécurité, de dignité et de maintien de l’autonomie. En traitant en priorité les zones à risque – circulations, salle de bains, cuisine, escaliers, accès – il est possible de réduire significativement les dangers sans forcément engager immédiatement des travaux lourds. L’enjeu consiste à arbitrer entre les interventions urgentes, celles qui ont le meilleur impact « chute évitée / euro dépensé » et les projets à programmer avec les aides publiques.
Diagnostic global du logement senior : grille d’évaluation des risques (bilan autonomie, GIR, normes AFNOR, recommandations ANAH)
Avant de lancer le moindre chantier, la priorité absolue reste le diagnostic global du logement senior. Sans vision d’ensemble, impossible de hiérarchiser les travaux ni de mobiliser efficacement les aides financières. Un bon point de départ consiste à croiser le niveau d’autonomie (bilan fonctionnel, GIR, pathologies connues), l’agencement du logement (plain-pied, étage, salle de bains accessible ou non) et les recommandations issues des normes AFNOR relatives à l’accessibilité et aux personnes à mobilité réduite. De récentes mises à jour des référentiels de l’ANAH et de MaPrimeAdapt’ poussent d’ailleurs à systématiser cette évaluation, parfois avec l’appui d’un ergothérapeute ou d’un assistant à maîtrise d’ouvrage spécialisé.
Analyse des déplacements intérieurs : cheminements, points de chute, obstacles et zones à fort risque de glissade
Une analyse fine des déplacements intérieurs permet de repérer les véritables « points noirs » du logement. Il s’agit en pratique d’observer, pièce par pièce, comment la personne âgée circule entre le lit, les toilettes, la cuisine, le séjour ou le balcon. Les statistiques montrent que les chutes surviennent très souvent lors des transferts (se lever du lit, sortir de la douche, franchir un seuil) ou dans des zones mal éclairées. L’identification des cheminements principaux met en évidence les tapis qui gondolent, les fils électriques au sol, les marches isolées, les descentes de garage glissantes ou encore les carrelages polis trop lisses. Une cartographie des « points de chute » sert ensuite de base pour prioriser les travaux rapides à fort impact.
Évaluation de la vision, de l’audition et de la motricité fine pour adapter les dispositifs de sécurité (interrupteurs, poignées, téléassistance)
Les capacités sensorielles et la motricité fine influencent directement le choix des équipements de sécurité. Une baisse de vision impose par exemple un éclairage renforcé, des contrastes de couleur entre sols et murs, et des interrupteurs bien repérables. Des troubles de la préhension justifient l’installation de poignées de porte à bec de cane, plus faciles à saisir qu’une poignée ronde, et de commandes de volets ou de chauffage de grande taille. La téléassistance et les détecteurs de chute doivent, eux, être choisis en fonction de la capacité de la personne à manipuler un bouton, un bracelet ou un médaillon au quotidien. Une évaluation préalable de la vue, de l’audition et de la dextérité évite d’installer des solutions théoriquement performantes mais, au final, peu utilisées par la personne âgée.
Priorisation budgétaire des travaux avec aides financières : MaPrimeAdapt’, ANAH, caisses de retraite, PCH
Le coût d’adaptation d’un logement pour personne âgée peut rapidement grimper lorsque l’on cumule remplacement de baignoire, sols, éclairage, escaliers et domotique. La priorisation budgétaire passe donc par un chiffrage réaliste et la mobilisation des principaux dispositifs d’aide : MaPrimeAdapt’ (jusqu’à 22 000 € de travaux subventionnables avec une prise en charge de 50 à 70 %), subventions de l’ANAH, aides des caisses de retraite, PCH pour les personnes en situation de handicap, voire crédits d’impôt pour certains équipements. La combinaison de plusieurs aides permet souvent de couvrir 50 % à 90 % des travaux essentiels de sécurisation du domicile, lorsque le dossier est correctement monté et argumenté sur la base des risques identifiés.
Coordination avec ergothérapeute, médecin gériatre et services d’ergonomie à domicile
La sécurisation d’un logement pour personne âgée gagne en efficacité lorsqu’elle s’inscrit dans une vraie coordination entre professionnels. L’ergothérapeute analyse les gestes du quotidien, conseille sur la hauteur de lit, l’emplacement des barres d’appui, le choix d’une douche à l’italienne PMR ou d’un siège de douche mural. Le médecin gériatre apporte une vision sur l’évolution probable de l’autonomie, ce qui permet de concevoir des aménagements évolutifs plutôt que de simples corrections ponctuelles. Les services d’ergonomie à domicile et les structures type SPDA ou réseaux associatifs spécialisés peuvent enfin accompagner dans le choix des artisans et le suivi du chantier. Cette approche pluridisciplinaire limite les erreurs coûteuses et oriente les travaux vraiment prioritaires.
Sécurisation des circulations : sols, éclairage et cheminements entre pièces
Les circulations – couloirs, entrée, pièces de passage – concentrent une part importante des risques de chute. Pour une personne âgée qui se lève la nuit, qui marche avec un déambulateur ou qui utilise une canne, la combinaison d’un sol glissant, d’une mauvaise luminosité et d’obstacles au sol constitue un cocktail dangereux. Les recommandations de nombreux organismes publics convergent : moderniser les revêtements, lisser les niveaux, renforcer l’éclairage des couloirs et escaliers et installer des appuis continus transforment réellement la sécurité du logement. Ce sont souvent les travaux à engager en premier, car ils bénéficient à tous les déplacements, du matin au soir.
Remplacement des revêtements glissants par des sols antidérapants R10/R11 (PVC, vinyle, carrelage structuré)
Le choix des revêtements de sol conditionne directement le risque de glissade pour un senior. Les normes de résistance à la glissance (R10, R11) offrent un bon repère : viser un revêtement antidérapant au minimum R10 pour les pièces de vie et R11 pour les zones particulièrement exposées (entrée extérieure, salle d’eau). Dans un logement ancien, remplacer un carrelage brillant par un carrelage structuré, un sol PVC ou un vinyle antiglisse constitue l’un des investissements les plus efficaces. Les statistiques issues des programmes de prévention montrent une baisse sensible des chutes après ce type de travaux, surtout lorsqu’ils sont combinés à la suppression des tapis non fixés. Un sol continu, ferme, sans ressaut, est toujours plus sûr pour une personne âgée.
Mise à niveau des seuils et suppression des marches internes avec rampes et nez de marche contrastés
Les petites marches intérieures, les seuils de 3 ou 4 cm ou les ressauts de balcon passent souvent inaperçus aux yeux des proches, mais deviennent de véritables pièges pour une personne âgée fatiguée ou fragile. La mise à niveau des seuils avec des mini-ramps ou des plans inclinés est un travail très rentable en termes de prévention des chutes. Dans les escaliers, la pose de nez de marche antidérapants et contrastés améliore immédiatement la lisibilité des marches, en particulier pour les seniors ayant une vision diminuée. Certains chantiers incluent aussi la suppression pure et simple d’une marche isolée en entrée ou dans un couloir, lorsque la structure le permet, afin de sécuriser le cheminement principal jour et nuit.
Installation d’un éclairage continu à détection de mouvement dans couloir, escaliers et entrée (philips hue, legrand, nexans)
Un éclairage insuffisant reste l’une des premières causes d’accidents domestiques chez les plus de 75 ans. Un couloir dans la pénombre ou un escalier mal éclairé augmente considérablement le risque de faux pas. La solution la plus simple et la plus confortable consiste à installer un éclairage à détection de mouvement, qui s’allume automatiquement dès qu’une présence est détectée. Des systèmes connectés type Philips Hue combinés à des détecteurs de mouvement, ou des appareillages plus classiques (Legrand, Nexans) permettent d’obtenir un « chemin lumineux » continu, notamment la nuit. Dans la pratique, ce type de dispositif évite au senior d’avoir à chercher un interrupteur, souvent mal situé, tout en réduisant la consommation électrique grâce à l’automatisation.
Pose de mains courantes et barres d’appui normalisées dans escaliers et couloirs
Une main courante solide et bien positionnée offre un appui décisif pour compenser une perte d’équilibre ou une faiblesse musculaire. Les recommandations françaises préconisent une hauteur d’environ 90 cm, une préhension confortable et un appui continu sur toute la longueur des escaliers. Dans les couloirs un peu longs, l’ajout d’une barre d’appui murale transforme la façon dont la personne âgée se déplace, surtout lorsqu’elle est fatiguée ou qu’elle se relève la nuit. Il est essentiel de veiller à la bonne fixation des supports, sur des parois suffisamment résistantes, pour éviter tout arrachement. Une vérification annuelle des fixations fait partie intégrante de la maintenance des aménagements de sécurité du logement senior.
Travaux prioritaires dans la salle de bains : douche sécurisée, équipements et traitement de l’humidité
La salle de bains concentre un risque majeur pour la personne âgée : sols humides, postures instables, enjamber une baignoire, se relever des WC, autant de situations propices aux glissades et aux pertes d’équilibre. Les données de Santé publique France rappellent qu’une grande proportion des fractures du col du fémur survient dans cette pièce. L’objectif consiste à transformer la salle d’eau en zone de soins et d’hygiène vraiment sécurisée, en traitant à la fois la douche, les WC, la ventilation et l’ergonomie des rangements. Dans de nombreux projets d’adaptation, les travaux de salle de bains arrivent logiquement dans le trio de tête des priorités.
Remplacement d’une baignoire par une douche à l’italienne PMR avec receveur extra-plat antidérapant
Le remplacement d’une baignoire par une douche à l’italienne PMR est souvent l’opération phare d’un projet d’adaptation d’un logement pour personne âgée. En supprimant l’obstacle que représente le rebord de la baignoire, la personne entre et sort presque à plat, avec moins de risque de perte d’équilibre. Un receveur extra-plat antidérapant, classé au minimum R11, limite encore davantage les glissades. Lorsqu’une douche réellement « à niveau » n’est pas possible, un receveur surélevé mais équipé d’un marchepied stable et de barres d’appui constitue une solution intermédiaire. L’intérêt est non seulement sécuritaire mais aussi organisationnel : la douche à l’italienne facilite également l’intervention ultérieure d’aides à domicile ou de soignants.
Installation de barres de maintien, sièges de douche rabattables et robinetterie thermostatique anti-brûlure (grohe, hansgrohe)
Dans une douche sécurisée, les barres de maintien verticales et horizontales jouent un rôle central. Positionnées à l’entrée, sur le mur latéral et à proximité du siège de douche, elles permettent de s’agripper à chaque phase du mouvement. Les sièges rabattables, souvent fixés solidement au mur, offrent la possibilité de se doucher assis, ce qui réduit la fatigue et les risques de glissade. Une robinetterie thermostatique anti-brûlure, chez des fabricants comme Grohe ou Hansgrohe, bloque la température au-delà d’un certain seuil et évite les variations brutales. Ce type de robinet limite les brûlures, mais aussi les réflexes de recul soudains pouvant entraîner une chute sous la douche.
Optimisation de la zone WC : rehausseur, barre d’appui latérale, cuvette surélevée et dégagement pour fauteuil roulant
La zone WC représente souvent un second point critique dans la salle de bains. Lorsque la cuvette est trop basse, se relever mobilise fortement les genoux et les hanches, avec un risque de déséquilibre. Un rehausseur de WC ou une cuvette surélevée de 6 à 10 cm réduit cet effort. L’installation de barres d’appui latérales, relevables si besoin, fournit un soutien stable pour s’asseoir et se lever. Dans le cas d’un fauteuil roulant, un espace de manœuvre suffisant (généralement un cercle de 1,50 m de diamètre) doit être prévu, quitte à repenser l’agencement de la salle d’eau. Une bonne accessibilité des WC participe directement au maintien à domicile de la personne âgée.
Ventilation, traitement de la condensation et prévention des moisissures pour limiter les chutes et troubles respiratoires
Une salle de bains mal ventilée concentre de multiples dangers : condensation persistante sur les sols et parois, formation de moisissures, atmosphère humide propice aux glissades et aux infections respiratoires. L’installation ou la remise à niveau d’une VMC, le réglage du débit d’extraction et la vérification des arrivées d’air frais deviennent des travaux à part entière. Un renouvellement d’air efficace permet au sol de sécher plus vite et évite ces zones constamment détrempées près de la douche. En parallèle, l’utilisation de peintures et de joints anti-moisissure améliore la qualité de l’air intérieur, ce qui est crucial pour les seniors fragiles ou souffrant de pathologies respiratoires chroniques.
Organisation ergonomique du rangement (hauteur des placards, paniers coulissants, accès sans contorsion)
Une salle de bains sécurisée ne se limite pas aux équipements « lourds ». L’ergonomie des rangements joue aussi un rôle essentiel, car se pencher, se tordre ou se hisser sur la pointe des pieds multiplie les risques de déséquilibre. Les produits de toilette et le linge doivent être rangés à hauteur comprise entre les hanches et les épaules, dans des placards à portes légères ou des paniers coulissants faciles à manipuler. Éviter les rangements en hauteur ou au ras du sol limite les postures risquées. Pour vous, l’objectif consiste à ce que chaque geste – prendre une serviette, attraper un flacon, déposer des vêtements – puisse se faire sans contorsion ni appui précaire sur un meuble ou un rebord de baignoire.
Adaptation de la cuisine : ergonomie, prévention des brûlures et sécurisation des appareils
La cuisine, véritable pièce de vie, reste un lieu d’autonomie important pour de nombreuses personnes âgées. C’est aussi un espace où se cumulent coupures, brûlures, chutes et risques domestiques liés au gaz ou à l’électricité. Adapter une cuisine pour senior ne signifie pas la transformer en environnement médicalisé, mais repenser la hauteur des plans, la disposition des appareils, la portée des rangements et le niveau de sécurité des équipements. Une cuisine ergonomique et sécurisée réduit la fatigue, prévient les brûlures et contribue à maintenir l’envie de cuisiner, donc une alimentation équilibrée.
Abaissement et réorganisation du plan de travail pour l’usage assis (fauteuil, déambulateur) et réduction des déplacements
Avec l’âge, rester longtemps debout devient difficile, et se déplacer entre les différentes zones de la cuisine demande un effort. Un plan de travail à hauteur adaptée, parfois légèrement abaissé, permet de cuisiner assis sur un siège stable ou dans un fauteuil roulant. L’espace sous le plan peut être partiellement dégagé pour laisser passer les jambes. Réduire la distance entre le coin cuisson, l’évier et le plan de préparation diminue aussi la fatigue. Une réorganisation du mobilier pour rapprocher les ustensiles les plus utilisés (couteaux, casseroles, épices) de cette « zone assise » évite des allers-retours fréquents, souvent sources de chutes pour les personnes âgées fragilisées.
Choix de plaques de cuisson à coupure automatique, détecteurs de fumée NF et dispositifs anti-oubli de gaz
Côté sécurité, le remplacement des anciennes plaques de cuisson par des modèles plus récents intégrant des fonctions de coupure automatique ou de détection de surchauffe se révèle très pertinent. Pour une personne sujette aux troubles de la mémoire, des dispositifs anti-oubli de gaz ou des plaques électriques avec minuterie intégrée réduisent le risque d’incendie. La présence d’un détecteur de fumée certifié NF, installé et entretenu conformément aux recommandations, complète ce dispositif. Dans certains cas, basculer d’une cuisinière à gaz vers une plaque électrique ou vitrocéramique simplifie encore la sécurisation, tout en restant vigilant pour les porteurs de pacemaker en cas de plaque à induction.
Implantation des rangements en zone de préhension optimale : tiroirs coulissants, colonnes extractibles, poignées préhensibles
Les rangements de cuisine doivent être pensés pour limiter les efforts et les gestes risqués. Les tiroirs coulissants, qui permettent de voir et d’atteindre leur contenu sans se pencher profondément, sont particulièrement adaptés aux personnes âgées. Les colonnes extractibles offrent la même logique : tout vient à vous, plutôt que de vous obliger à vous tordre. Des poignées de meubles larges et préhensibles, plus faciles à saisir avec des doigts douloureux ou une force réduite, complètent le tableau. Les éléments lourds comme les cocottes ou robots ménagers doivent idéalement être rangés au niveau inférieur, tandis que la vaisselle du quotidien se place dans la zone de préhension optimale, à hauteur de main.
Organisation d’un triangle de travail réduit (évier – cuisson – réfrigérateur) pour limiter la fatigue et les risques de chute
Les cuisinistes parlent souvent de « triangle de travail » pour désigner la distance entre l’évier, la zone de cuisson et le réfrigérateur. Dans une cuisine adaptée au vieillissement, ce triangle doit être le plus compact possible, sans pour autant créer d’obstacles. Réduire les distances entre ces trois pôles diminue les risques liés aux déplacements avec des casseroles pleines, des plats chauds ou des aliments lourds. Cette configuration profite aussi aux personnes utilisant une canne ou un déambulateur, qui doivent pouvoir faire demi-tour facilement sans heurter un meuble bas ou un tabouret. Une bonne organisation de ce triangle de travail limite la fatigue quotidienne, ce qui se traduit par une meilleure sécurité globale.
Renforcement de la sécurité des ouvertures, serrures et accès au logement
La sécurité d’un logement pour personne âgée ne se limite pas à l’intérieur. Les accès, portes, fenêtres et volets conditionnent à la fois la protection contre les intrusions, la facilité d’usage au quotidien et la possibilité pour les secours ou aidants d’intervenir rapidement. Pour une personne âgée qui a parfois peur des cambriolages ou qui peine à manœuvrer des serrures anciennes, des aménagements ciblés peuvent faire toute la différence. L’enjeu consiste à conjuguer sûreté, ergonomie et accessibilité, sans alourdir les gestes du quotidien.
Remplacement des serrures par modèles à cylindre de sécurité et béquilles ergonomiques faciles à manipuler
Les anciennes serrures, nécessitant plusieurs tours de clé ou des efforts de rotation importants, deviennent difficiles à utiliser pour des mains arthrosiques. Le remplacement par des serrures à cylindre de sécurité modernes, associées à des clés plus légères et à des béquilles ergonomiques, améliore la sécurité tout en simplifiant le geste. Une béquille de porte facilite l’ouverture même en cas de perte de force ou de mobilité du poignet. Dans certains cas, le recours à des cylindres débrayables permet aussi l’accès des secours quand une clé est déjà engagée côté intérieur, point crucial pour la sécurité des personnes âgées vivant seules.
Pose de volets roulants motorisés (somfy, bubendorff) pour éviter les efforts de manivelle et les postures à risque
La manœuvre quotidienne des volets, souvent en torsion du dos, bras levés, représente un effort important pour de nombreux seniors. La pose de volets roulants motorisés, pilotés par interrupteur mural ou télécommande, supprime cette contrainte. Des fabricants comme Somfy ou Bubendorff proposent des solutions adaptées à la rénovation, parfois éligibles aux aides à l’adaptation du logement. Au-delà du confort, la motorisation limite les postures dangereuses, par exemple lorsque la personne se met en déséquilibre pour atteindre une sangle ou une manivelle située trop haut. Raccourcir le temps d’exposition à la fraîcheur ou à la chaleur extrême participe également à la préservation de la santé des plus fragiles.
Sécurisation des baies vitrées et vitrages avec films anti-explosion, poignées verrouillables et détecteurs d’ouverture
Les grandes baies vitrées et portes-fenêtres peuvent représenter un double danger : risque de perforation en cas de chute contre le vitrage et vulnérabilité aux intrusions. La pose de films de sécurité, dits parfois films anti-explosion, renforce la résistance du verre et empêche la dispersion de débris coupants en cas de bris. Des poignées verrouillables, faciles à utiliser mais sécurisées, limitent l’ouverture par des personnes désorientées, tout en permettant une évacuation rapide en cas d’urgence. Pour certains profils de seniors, l’ajout de détecteurs d’ouverture connectés contribue aussi à la surveillance des sorties, notamment la nuit, dans les situations de troubles cognitifs.
Aménagement de l’entrée : seuils accessibles, visiophone, éclairage extérieur avec détection de présence
L’entrée est souvent le premier contact avec le domicile, mais également une zone à haut risque de chute, surtout si le sol est mouillé ou si l’éclairage extérieur est insuffisant. Ramener les seuils à un niveau accessible, parfois avec une petite rampe antidérapante, facilite le passage, que la personne soit à pied, avec canne ou en fauteuil roulant. Un visiophone vidéo situé à hauteur adaptée permet de contrôler les visites sans avoir à se déplacer précipitamment jusqu’à la porte. Un éclairage extérieur à détection de présence, synchronisé avec l’ouverture de la porte, réduit fortement les risques de mauvais appuis en cherchant ses clés dans le noir, situation typique à l’origine de nombreuses chutes en entrée de logement.
Solutions électroniques et domotiques pour sécuriser un logement pour personne âgée
Les solutions électroniques et domotiques occupent une place croissante dans les projets de sécurisation de logements pour seniors. Les développements récents en téléassistance, capteurs de chute, objets connectés et box domotiques permettent aujourd’hui de surveiller à distance, d’automatiser l’éclairage ou les volets, et d’alerter immédiatement les proches en cas d’incident. L’enjeu reste de sélectionner des dispositifs adaptés au profil de la personne âgée : simple à utiliser, discrets, fiables et bien paramétrés. Une domotique bien pensée se compare souvent à un « co-pilote » silencieux, qui veille sur le quotidien sans imposer une présence intrusive.
Systèmes de téléassistance et détecteurs de chute (famicare, présence verte, assystel)
La téléassistance constitue l’un des piliers de la sécurité à domicile des personnes âgées vivant seules ou fragilisées. Des opérateurs comme Famicare, Présence Verte ou Assystel proposent des services associant boîtier relié à une centrale d’écoute et bouton d’appel porté en médaillon ou en bracelet. Certains dispositifs intègrent des détecteurs de chute automatiques, capables d’envoyer une alerte même si la personne ne peut pas appuyer sur le bouton. Les statistiques montrent que la rapidité d’intervention après une chute conditionne largement le pronostic fonctionnel : limiter le temps passé au sol réduit les complications. L’abonnement à un service de téléassistance doit donc être envisagé comme un investissement en sécurité, au même titre que les travaux sur la salle de bains ou les escaliers.
Détecteurs techniques : fumée, monoxyde de carbone, fuite d’eau et gaz avec alertes automatiques
Au-delà de la détection des chutes, des capteurs techniques contribuent à sécuriser le logement senior contre les risques invisibles. Un détecteur de fumée certifié NF, bien positionné et testé régulièrement, constitue la base. Des capteurs de monoxyde de carbone, particulièrement utiles près des chaudières anciennes, préviennent les intoxications silencieuses. Des détecteurs de fuite d’eau et de gaz envoient des signaux sonores, lumineux ou des alertes vers une application en cas de problème. Pour vous, ces dispositifs apportent une tranquillité d’esprit supplémentaire : les risques majeurs sont surveillés en permanence, même lorsque la vigilance de la personne âgée faiblit ou qu’une déficience auditive atténue l’efficacité des simples alarmes sonores.
Automatisation de l’éclairage, des volets et du chauffage via box domotique (somfy TaHoma, jeedom, home assistant)
Les box domotiques, telles que Somfy TaHoma, Jeedom ou Home Assistant, permettent de centraliser le pilotage de nombreux équipements : éclairage, volets roulants, chauffage, parfois même capteurs de sécurité. Pour une personne âgée, l’automatisation de scénarios simples – allumage progressif des lumières la nuit, fermeture automatique des volets au crépuscule, maintien d’une température constante – réduit les efforts et diminue les situations à risque. Un exemple parlant : programmer un éclairage doux dans le couloir dès que la porte de la chambre s’ouvre, à une heure nocturne, limite les chutes lors des levers pour aller aux toilettes. Le paramétrage initial se fait généralement par un proche ou un professionnel, puis la personne n’a plus qu’à bénéficier des automatismes au quotidien.
Surveillance des sorties inopinées et errance nocturne chez les personnes âgées désorientées (capteurs IR, capteurs d’ouverture)
Dans le cadre de troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, démence), la sécurité du logement doit aussi intégrer la prévention de l’errance nocturne et des sorties inopinées. Des capteurs infrarouges (IR) ou des capteurs d’ouverture installés sur les portes d’entrée, de balcon ou de jardin permettent de détecter une sortie à heure inhabituelle. Selon le système, une alerte peut être émise localement (signal sonore, lumière) ou transmise à distance aux proches ou à un centre de téléassistance. Ce type de surveillance ne remplace pas une présence humaine lorsqu’elle est nécessaire, mais offre un filet de sécurité supplémentaire, en particulier dans les logements individuels où les voisins ne sont pas toujours en mesure de remarquer une sortie dangereuse en pleine nuit.
Paramétrage d’alertes pour aidants et proches via applications mobiles sécurisées
Les applications mobiles dédiées à la surveillance du domicile ou à la téléassistance jouent un rôle croissant dans la coordination entre la personne âgée et son entourage. Les aidants peuvent recevoir des notifications en cas de chute détectée, de non-ouverture d’une porte sur une période inhabituelle, de détection de fumée ou encore de coupure de courant prolongée. L’intérêt de ces systèmes réside dans la personnalisation des seuils et des scénarios : vous décidez, en accord avec la personne, des événements qui doivent déclencher une alerte. Ce paramétrage fin permet d’éviter les fausses alertes répétées, sources de stress, tout en assurant une véritable vigilance à distance, adaptée au rythme de vie du senior et aux contraintes de son environnement.