Programmer un système domotique pour une personne âgée ne consiste pas à « bourrer » un logement d’objets connectés, mais à concevoir un environnement réellement aidant, rassurant et discret. À partir d’un certain âge, chaque déplacement peut devenir un risque, chaque oubli un danger, et chaque interface trop complexe une source d’angoisse. La domotique adaptée permet de transformer ce quotidien en réduisant les chutes, en sécurisant les sorties, en simplifiant l’éclairage ou le chauffage, et en assurant un lien continu avec les proches et les soignants. Bien pensée, elle devient un véritable outil de maintien à domicile, capable d’épauler les aidants et les équipes médico‑sociales, sans jamais remplacer la présence humaine.

Analyser les besoins des seniors avant de programmer un système domotique

Évaluer l’autonomie avec la grille AGGIR et adapter les scénarios domotiques

Avant toute programmation domotique orientée seniors, la première étape consiste à mesurer précisément le niveau d’autonomie. En France, la grille AGGIR sert de référence pour classer une personne âgée en différents niveaux de GIR (de 1 à 6). Un senior GIR 5 ou 6, encore autonome pour la plupart des actes du quotidien, n’aura pas les mêmes besoins qu’une personne GIR 1 ou 2 nécessitant une surveillance quasi permanente. Cette évaluation conditionne directement la complexité et l’intensité des scénarios domotiques : fréquence des rappels, niveau d’automatisation, seuils d’alerte, circuits lumineux nocturnes, verrouillage automatique de portes ou non.

Concrètement, un senior relativement autonome bénéficiera surtout d’automatismes de confort (volets motorisés, gestion du chauffage, chemin lumineux), alors qu’un profil plus dépendant nécessitera des capteurs d’errance, de non‑activité ou des détecteurs de chute couplés à des services de téléassistance. Sans ce diagnostic initial, le risque est de sur‑équiper ou au contraire de sous‑protéger, avec un système domotique mal accepté ou inefficace.

Cartographier les risques à domicile (chutes, fugues, désorientation) pièce par pièce

Programmer une maison intelligente pour personne âgée revient un peu à dessiner une carte des risques du logement. Chaque pièce doit être analysée finement : couloir, salle de bains, escalier, entrée, cuisine, balcon ou jardin. Dans la salle de bains, le risque majeur est la chute, souvent liée à un sol glissant ou à un lever nocturne sans lumière. Dans la cuisine, les dangers portent sur le gaz, le four, les plaques et les inondations. À l’entrée et sur le balcon, la priorité concerne les fugues ou les sorties inappropriées, notamment pour les personnes désorientées ou atteintes de démence sénile.

Cette cartographie permet de positionner intelligemment les capteurs et les actionneurs : détecteurs de présence pour l’éclairage automatique, capteurs d’ouverture sur la porte d’entrée, surveillance de la température proche des plaques de cuisson, chemins lumineux à LED dans les couloirs. Chaque scénario domotique efficace repose sur cette analyse préalable, beaucoup plus que sur le choix d’une marque de capteurs.

Identifier les pathologies (alzheimer, parkinson, DMLA) influençant la conception domotique

Les pathologies spécifiques modifient en profondeur la façon de programmer le système domotique. Une personne atteinte de maladie d’Alzheimer aura besoin d’un environnement très structurant, avec un éclairage calé sur le rythme du jour et de la nuit, des rappels fréquents mais non intrusifs, et des contrôles d’accès renforcés pour limiter les risques de fugue. À l’inverse, une personne atteinte de Parkinson souffre surtout de troubles moteurs : les scénarios devront réduire au maximum les gestes fins (petits interrupteurs, télécommandes complexes) et privilégier les commandes vocales ou les gros boutons colorés.

Pour un senior touché par une DMLA ou d’autres troubles visuels, la priorité va à la lisibilité : contraste élevé, icônes XXL, pictogrammes explicites, forte luminosité dans les zones de passage. Dans ces cas, la domotique devient un prolongement des sens défaillants : lumière automatique à l’ouverture d’une porte, annonces vocales claires, signaux lumineux plutôt que textuels. Adapter les scénarios aux pathologies évite de transformer l’installation en obstacle supplémentaire.

Interviewer aidants, infirmiers SSIAD et ergothérapeutes pour définir les usages

Un système domotique adapté aux personnes âgées ne se conçoit pas uniquement avec le senior, surtout lorsqu’il est très dépendant. Les aidants familiaux, les infirmiers SSIAD, les auxiliaires de vie et les ergothérapeutes disposent d’un regard précieux sur les difficultés réelles rencontrées au quotidien : heures de lever et de coucher, fréquence des levers nocturnes, habitudes alimentaires, risques de dénutrition, épisodes de chute antérieure, tendance à l’errance.

Ces entretiens permettent de définir des scénarios domotiques vraiment pertinents : plage horaire « normale » d’activité, seuils pour déclencher une alerte de non‑activité, automatisation du chauffage pendant les soins, verrouillage de certaines pièces la nuit. De nombreux retours de terrain montrent que les projets qui intègrent ces acteurs en amont obtiennent un taux d’acceptation bien supérieur et une meilleure efficacité sur le maintien à domicile.

Choisir une architecture domotique adaptée aux personnes âgées (filaire, zigbee, Z‑Wave, Wi‑Fi, KNX)

Comparer box domotiques orientées seniors : jeedom, home assistant, eedomus, somfy TaHoma

Le choix de la « boîte cérébrale » du logement connecté conditionne ce qu’il sera possible de faire pour la personne âgée. Les box comme Jeedom, Home Assistant, eedomus ou Somfy TaHoma présentent chacune des avantages : Jeedom et Home Assistant sont extrêmement flexibles et permettent une personnalisation fine des scénarios domotiques pour seniors, tandis que Somfy TaHoma et eedomus misent sur une interface plus prête à l’emploi et un écosystème déjà très large. Pour un projet complexe avec capteurs médicaux, capteurs de chute et scénarios conditionnels sophistiqués, Jeedom ou Home Assistant offrent souvent plus de liberté.

Dans un contexte où la maison doit rester fiable pour une personne âgée, la stabilité et la communauté d’utilisateurs sont des critères majeurs. Une architecture basée sur une box open source permet par exemple d’intégrer plus facilement des équipements spécialisés pour la téléassistance, tout en conservant la main sur la sécurité des données et la maintenance à long terme.

Déterminer le bon protocole radio (zigbee, Z‑Wave, EnOcean) selon la configuration du logement

Au-delà de la box domotique, le protocole radio utilisé pour dialoguer avec les capteurs et actionneurs joue un rôle clé. Zigbee est très répandu grâce aux ampoules Philips Hue ou aux capteurs Aqara, et permet un maillage robuste dans un appartement T2 ou T3. Z‑Wave, souvent utilisé dans les interrupteurs et modules encastrés comme Fibaro, offre une excellente fiabilité pour la gestion des volets roulants et du chauffage. EnOcean, de son côté, présente un avantage intéressant pour les seniors : certains capteurs ne nécessitent aucune pile, ce qui réduit l’entretien et les risques de panne discrète.

Dans une maison ancienne avec murs épais, un protocole maillé comme Zigbee ou Z‑Wave est souvent préférable à un simple Wi‑Fi domestique. Pour un senior en résidence services ou en colocation, un mix Wi‑Fi + Zigbee peut suffire, tant que les éléments critiques (détection de fumée, de gaz, d’inondation) sont basés sur des technologies éprouvées et ne dépendent pas d’un cloud fragile.

Segmenter le réseau avec un VLAN IoT et un routeur sécurisé (ubiquiti, Fritz!Box)

Un système domotique pour personnes âgées manipule des données sensibles : habitudes de vie, horaires de sommeil, relevés médicaux. La cybersécurité ne doit donc pas être une option. L’une des bonnes pratiques consiste à segmenter le réseau avec un VLAN dédié aux équipements IoT, via un routeur avancé de type Ubiquiti ou Fritz!Box. Les objets connectés sont ainsi isolés du réseau principal, ce qui limite les risques en cas de compromission d’un équipement.

Cette architecture en réseau invité permet également d’appliquer des règles spécifiques : accès limité à Internet pour certains appareils, filtrage d’adresses MAC, blocage de communications sortantes inutiles. Pour le senior, rien ne change en apparence, mais l’installation est beaucoup plus résiliente face aux cyberattaques, un enjeu en constante augmentation d’après les rapports annuels de l’ANSSI sur les objets connectés.

Prévoir une alimentation secourue (onduleur, batterie, micro‑onduleur solaire) pour la continuité de service

Une particularité des projets domotiques orientés maintien à domicile réside dans la nécessité de continuer à fonctionner en cas de coupure de courant. Un onduleur dédié à la box domotique, au routeur et au hub radio assure une autonomie de quelques dizaines de minutes, largement suffisante pour maintenir les scénarios d’alerte et la téléassistance. Dans certaines régions rurales, la combinaison d’une petite batterie et d’un micro‑onduleur solaire peut prolonger cette autonomie et sécuriser davantage la personne âgée.

La priorité n’est pas d’alimenter tous les équipements, mais de garantir un « noyau dur » : box domotique, liaison Internet ou 4G, capteurs critiques (fumée, gaz, inondation) et dispositifs d’alerte. Une architecture bien pensée doit intégrer cette dimension dès le départ, et pas en ajout de dernière minute.

Intégrer la compatibilité avec les assistants vocaux (amazon alexa, google home, apple HomePod)

Pour de nombreuses personnes âgées, la voix est l’interface la plus naturelle. La compatibilité de la box domotique avec Amazon Alexa, Google Assistant ou Apple HomePod permet de programmer des routines vocales très puissantes : allumer le « chemin lumineux », fermer tous les volets roulants, appeler un proche, lancer un scénario « Je vais me coucher », etc. L’assistant vocal devient une télécommande universelle accessible même en cas de difficultés motrices graves.

Dans la pratique, les assistants vocaux doivent être paramétrés avec un vocabulaire simple, des phrases courtes et des routines clairement nommées. Il est préférable de définir quelques commandes essentielles, plutôt qu’une multitude de scénarios que le senior ne retiendra pas. L’intégration avec la box centrale garantit par ailleurs que ces commandes vocales restent cohérentes avec les automatismes programmés en arrière‑plan.

Programmer les scénarios d’éclairage pour la prévention des chutes et la démence sénile

Créer un balisage lumineux nocturne automatisé avec détecteurs de mouvement aqara ou philips hue

Les chutes nocturnes représentent l’une des premières causes d’accident domestique chez les plus de 65 ans. Un balisage lumineux automatique avec détecteurs de mouvement Aqara ou Philips Hue est donc un levier essentiel de la domotique adaptée. L’idée est simple : dès que le senior pose le pied au sol ou traverse un couloir, un éclairage doux se déclenche au niveau du sol ou des plinthes, sans éblouir ni réveiller complètement.

Ce scénario d’éclairage nocturne peut être limité à certaines heures (par exemple de 22 h à 7 h), avec une intensité réduite à 10 ou 20 %. Dans la salle de bains, l’activation peut être couplée à un détecteur d’ouverture de porte, évitant les allers‑retours dans le noir. Ce type de réglage ne nécessite aucune action de la part de la personne âgée et diminue fortement le risque de chute, comme le montrent plusieurs études sur la prévention des accidents domestiques.

Configurer un scénario “lever et coucher du soleil” pour les seniors désorientés

Pour les personnes désorientées ou atteintes de démence, la notion de temps se brouille : certains seniors cherchent à sortir au milieu de la nuit ou restent dans le noir en plein après‑midi. Un scénario basé sur le lever et le coucher du soleil, calculé automatiquement par la box domotique, aide à recaler les repères temporels. L’éclairage principal s’allume progressivement au lever du jour et les volets roulants s’ouvrent automatiquement, signalant clairement le début de la journée.

À l’inverse, à l’approche de la nuit, les lumières se tamisent, certains équipements se coupent, et les volets se ferment. Ce rythme lumineux synchronisé avec la lumière naturelle contribue à limiter le « sundowning », ces épisodes d’agitation vespérale fréquents dans la maladie d’Alzheimer. La maison devient ainsi un repère visuel constant, sans que le senior doive manipuler des horloges ou des interrupteurs.

Ajuster la température de couleur (2700K–4000K) avec éclairage circadien dans le salon et la chambre

Au-delà de la simple intensité, la température de couleur de l’éclairage influence l’horloge biologique. Un éclairage circadien consiste à faire varier la température entre environ 2700 K (blanc chaud) le soir et 4000 K (blanc neutre) en journée. Dans un système domotique adapté aux personnes âgées, ce réglage automatique dans le salon et la chambre aide à maintenir un bon rythme veille/sommeil.

Par exemple, l’éclairage peut être programmé en blanc plus froid et plus stimulant entre 9 h et 17 h, puis progressivement plus chaud et apaisant en fin de journée. Cette approche, déjà utilisée dans certains EHPAD innovants, améliore la qualité du sommeil et réduit la confusion nocturne. Pour la personne âgée, l’expérience reste transparente : elle perçoit simplement une lumière plus confortable et cohérente avec le moment de la journée.

Paramétrer des commandes murales simplifiées (philips hue tap dial, boutons flic, nodon)

Malgré les automatismes, une personne âgée doit conserver la possibilité de reprendre la main à tout moment. Des commandes murales simplifiées comme les Philips Hue Tap Dial, boutons Flic ou Nodon permettent d’associer un bouton à une fonction claire : tout éteindre, allumer l’éclairage principal, activer le scénario « Nuit », déclencher un appel d’urgence. L’idéal consiste à coder ces boutons par couleur ou pictogramme pour éviter toute confusion.

Les scénarios domotiques peuvent alors être extrêmement simples : un appui court lance un scénario, un appui long en déclenche un autre. Dans certains projets de résidences seniors, un seul bouton coloré gère l’ouverture et la fermeture du volet ainsi que l’allumage de la lumière, selon l’heure de la journée. Ce type de dispositif rend la maison connectée plus tangible et rassurante pour le senior.

Installer et programmer des capteurs de sécurité spécifiques aux personnes âgées

Déployer des détecteurs de chute, d’absence de mouvement et d’errance (vayyar, withings, blumil)

La domotique orientée maintien à domicile s’enrichit de plus en plus de capteurs spécialisés. Des solutions comme Vayyar ou Blumil permettent de détecter les chutes sans porter de bracelet, en analysant les mouvements dans la pièce via des ondes radio ou des capteurs 3D. D’autres systèmes, parfois intégrés à des objets du quotidien (montres, balances connectées Withings), envoient une alerte en cas de chute lourde ou d’absence de mouvement prolongée.

La programmation doit définir des seuils réalistes : temps maximal immobile dans le salon en journée, absence de lever le matin, activité nocturne inhabituelle. Les capteurs d’errance, souvent associés aux portes de sortie, détectent les tentatives de sortie à des heures inappropriées, afin d’alerter les aidants avant qu’un incident grave ne survienne.

Configurer les capteurs d’ouverture sur portes de sortie et portes de balcon

Un simple capteur d’ouverture sur la porte d’entrée ou le balcon devient un outil puissant lorsqu’il est intégré à la box domotique. Pour une personne âgée à risque de fugue ou de chute depuis un balcon, l’ouverture à certaines heures (par exemple entre 23 h et 6 h) peut déclencher une alerte discrète vers un proche, voire une sonnerie locale. Dans le cas d’un senior autonome, le même capteur servira plutôt à valider que la porte est bien fermée et à activer l’alarme anti‑intrusion.

La souplesse de la programmation permet d’ajuster les plages horaires et le niveau de réaction : simple notification, appel téléphonique automatique, activation d’une lumière dans le couloir. La domotique devient ainsi un filet de sécurité, sans bloquer systématiquement les déplacements ni infantiliser la personne.

Paramétrer des alertes de non‑activité anormale via SMS, e‑mail ou application mobile

L’analyse de la non‑activité est un principe simple mais redoutablement efficace pour sécuriser une personne âgée vivant seule. Si aucun mouvement n’est détecté dans le logement sur une plage jugée anormale (par exemple entre 8 h et 10 h le matin, alors que la personne se lève habituellement à 7 h), une alerte est envoyée par SMS, e‑mail ou notification push à l’aidant. Ce type de scénario est aujourd’hui largement utilisé par les services de téléassistance modernes.

La difficulté consiste à doser la sensibilité des alertes afin d’éviter les faux positifs tout en conservant une vraie réactivité. Les premières semaines d’utilisation servent souvent de période de calibration, durant laquelle les seuils sont ajustés en fonction des habitudes de vie réelles, et non supposées.

Intégrer détecteurs de fumée, gaz, monoxyde de carbone connectés (netatmo, nest protect, fibaro)

Les détecteurs de fumée, de gaz et de monoxyde de carbone connectés sont indispensables dans un logement de senior. Des modèles comme Netatmo, Nest Protect ou Fibaro Smoke Sensor remontent leurs alarmes à la box domotique et permettent de déclencher plusieurs actions simultanées : alarme sonore locale, envoi d’un SMS, allumage de toutes les lumières, ouverture automatique des volets roulants pour faciliter l’intervention des secours.

Les statistiques de la sécurité civile rappellent régulièrement que la fumée est souvent plus mortelle que les flammes, en particulier la nuit. Coupler ces détecteurs à des éclairages de secours ou à des balisages lumineux augmente les chances de réaction rapide du senior, même en cas de réveil confus.

Programmer une remontée d’alerte multi‑canal vers aidants et services d’urgence

Pour qu’un système domotique pour personnes âgées soit réellement protecteur, la gestion des alertes doit être multi‑canal et hiérarchisée. Une alerte critique (chute confirmée, fumée, gaz, absence de réponse prolongée) peut être envoyée simultanément par SMS à plusieurs aidants, par e‑mail au coordinateur de soins et, le cas échéant, à une plateforme de téléassistance. Certains scénarios prévoient même une escalade automatique : si le premier contact ne répond pas, le second est appelé, puis un service d’urgence est prévenu.

Cette redondance évite qu’un message reste sans suite parce qu’un proche n’a pas vu une notification. La programmation doit rester transparente pour le senior, mais suffisamment robuste pour couvrir les cas où les proches sont momentanément injoignables.

Concevoir une interface utilisateur ultra‑simplifiée pour seniors (tablette, télécommande, voix)

Configurer un tableau de bord domotique simplifié sur tablette android ou ipad (home assistant dashboard)

Une tablette Android ou un iPad peut devenir une télécommande centrale rassurante pour le senior, à condition d’être configurée avec un tableau de bord ultra‑simplifié. Avec un Home Assistant Dashboard, il est possible de créer une interface avec quelques gros boutons : « Lumières », « Volets », « Appel famille », « Aide ». Chaque bouton déclenche un scénario pré‑programmé, sans exposition au reste de la complexité technique.

La tablette peut être fixée au mur dans le salon ou posée sur un support stable, avec un mode kiosque bloquant l’accès aux autres applications. Cette approche évite les manipulations hasardeuses et donne au senior un sentiment de contrôle, même sans compétences numériques avancées.

Programmer des routines vocales alexa et google assistant avec phrases personnalisées

Les routines vocales offrent une opportunité unique de simplifier le quotidien. Plutôt que de se souvenir de formulations complexes, la personne âgée peut prononcer des phrases naturelles comme « J’ai besoin d’aide », « Bonne nuit » ou « J’ai froid ». Chaque phrase déclenche une suite d’actions configurées : appel d’un proche, envoi d’une alerte, modification du chauffage, extinction générale des lumières.

Il est conseillé de répéter ces phrases avec le senior lors de la mise en service, et d’afficher à proximité des rappels écrits en gros caractères. La programmation des routines doit éviter les malentendus : mieux vaut choisir des commandes distinctes et claires, plutôt que des formulations proches qui risquent d’être confondues par l’assistant vocal.

Mettre en place des télécommandes physiques à larges boutons (nodon soft remote, logitech pop)

Certaines personnes âgées restent peu à l’aise avec la voix ou les écrans tactiles. Dans ce cas, des télécommandes physiques à larges boutons, comme Nodon Soft Remote ou Logitech Pop, constituent une alternative précieuse. Ces dispositifs peuvent être disposés sur la table de chevet, dans le salon ou près des toilettes, avec des étiquettes claires indiquant leur fonction.

La programmation peut associer un bouton à plusieurs fonctions contextuelles : en journée, un appui active l’éclairage principal ; la nuit, il déclenche un chemin lumineux et envoie une notification à l’aidant si le senior reste au sol plus d’un certain temps. Ce type de paramétrage renforce la sécurité tout en conservant une utilisation très simple.

Optimiser la lisibilité : contrastes, taille des icônes, pictogrammes explicites pour seniors

Une interface pensée pour un jeune technophile est quasiment inutilisable pour un senior atteint de troubles visuels ou cognitifs. La lisibilité doit donc suivre quelques règles : contraste élevé entre le fond et les boutons, taille des icônes largement supérieure à 1,5 cm, pictogrammes explicites (soleil pour les volets, ampoule pour la lumière, téléphone pour l’appel). Le texte doit rester court, idéalement sur une seule ligne lisible en un coup d’œil.

Dans certains cas, l’utilisation de photos réelles (par exemple la photo d’un proche à appeler) renforce la compréhension. La domotique joue alors un rôle de compensation cognitive, en réduisant l’effort mental nécessaire pour interagir avec le logement connecté.

Automatiser le suivi médical et le rappel de traitements via la domotique

Programmer des rappels de prise de médicaments avec annonces vocales et éclairage de couleur

Les erreurs de prise de médicaments représentent plusieurs milliers d’hospitalisations chaque année en France chez les plus de 75 ans. La domotique peut réduire ce risque en programmant des rappels multi‑sensoriels : annonce vocale via un haut‑parleur connecté, changement de couleur d’une lampe (par exemple en bleu ou vert), notification sur la tablette ou le smartphone d’un aidant. Un pilulier connecté peut également indiquer à la box domotique si la prise a bien été effectuée.

Les scénarios peuvent prévoir une seconde alerte si le pilulier n’a pas été ouvert dans un délai donné, puis un message vers un proche pour vérifier la situation. L’objectif est de soutenir l’observance thérapeutique sans générer un sentiment de surveillance oppressante.

Intégrer balances connectées, tensiomètres et oxymètres (withings, omron) dans la box domotique

De nombreux dispositifs médicaux grand public (balances Withings, tensiomètres Omron, oxymètres de pouls) disposent aujourd’hui d’API ou d’intégrations prêtes à l’emploi avec les principales box domotiques. En les reliant au système central, le suivi de poids, de tension artérielle ou de saturation en oxygène devient automatique, sans saisie manuelle.

Pour la personne âgée, le geste reste inchangé : se peser, prendre sa tension, utiliser l’oxymètre. En arrière‑plan, la box domotique enregistre les valeurs, déclenche éventuellement des alertes et peut même afficher de simples indicateurs visuels dans le logement, comme un voyant vert/orange/rouge sur la tablette ou une lampe témoin.

Créer des scénarios de transmission automatique des données à un dossier patient partagé

Dans certains contextes, notamment pour les patients chroniques suivis par des équipes coordonnées, il est pertinent de transmettre automatiquement certaines données au dossier patient partagé. Des intégrations via des API sécurisées ou des passerelles spécialisées permettent d’envoyer périodiquement des relevés (poids, tension, fréquence cardiaque) aux soignants autorisés.

La programmation doit respecter les contraintes de confidentialité et de consentement : seules les données strictement nécessaires sont envoyées, à une fréquence définie, et dans un format compatible avec les outils des professionnels. Cette automatisation allège la charge administrative des aidants et réduit les risques d’erreur de transcription.

Mettre en place des alertes en cas d’anomalie (poids, tension, fréquence cardiaque) détectée

L’intérêt d’un suivi médical domotisé réside surtout dans la détection précoce des dérives. Une prise de poids rapide chez un patient insuffisant cardiaque, une tension systématiquement trop haute, une baisse régulière de la saturation en oxygène sont autant de signaux d’alerte. La box domotique peut surveiller ces paramètres et générer une alerte lorsqu’un seuil est dépassé ou lorsqu’une tendance se confirme sur plusieurs jours.

Plutôt que d’attendre la prochaine consultation, les soignants ou les aidants peuvent ainsi intervenir plus tôt, adapter un traitement ou proposer une visite. La maison devient un véritable outil de monitoring discret, intégré au quotidien du senior.

Sécuriser la domotique pour les seniors : cybersécurité, redondance et maintenance

Configurer une authentification forte pour les aidants et les intervenants médicaux

Un projet de domotique pour personnes âgées implique souvent plusieurs comptes utilisateurs : aidants, infirmiers, coordinateurs de soins, installateurs. Pour limiter les risques d’accès non autorisé, chaque compte doit bénéficier d’une authentification forte, idéalement avec un second facteur (code SMS, application d’authentification). L’accès du senior lui‑même peut être simplifié, par exemple via un code PIN sur la tablette ou un accès direct à un tableau de bord restreint.

La gestion fine des droits est également importante : un aidant peut piloter les éclairages et les volets, mais pas modifier les scénarios critiques de sécurité ; un professionnel de santé peut consulter certains relevés médicaux, sans avoir la main sur les caméras de surveillance. Cette granularité protège la vie privée de la personne tout en garantissant un fonctionnement stable du système.

Isoler les équipements IoT via un réseau invité et filtrage par adresse MAC

Isoler les équipements domotiques sur un réseau invité, comme mentionné plus haut avec le VLAN IoT, est une bonne pratique complémentaire à l’authentification forte. Le filtrage par adresse MAC permet de limiter le réseau à une liste d’appareils autorisés : aucun nouveau capteur ou caméra non validé ne peut se connecter. Ce type de paramétrage se réalise sur le routeur ou la box Internet et ne nécessite aucune intervention de la part du senior.

Pour l’installateur ou le responsable du projet, cette approche réduit considérablement la surface d’attaque. En cas de découverte d’une faille sur un objet connecté, il est possible de le désactiver rapidement sans impacter le reste du système. La domotique reste ainsi un allié de sécurité, et non une porte d’entrée pour des attaques informatiques.

Mettre en place des sauvegardes de la configuration (snapshots jeedom, home assistant) et un plan de reprise

Comme tout système informatique, une box domotique peut rencontrer un dysfonctionnement, une mise à jour ratée ou une panne matérielle. Pour éviter de repartir de zéro, des sauvegardes régulières de la configuration (snapshots Jeedom, sauvegardes complètes Home Assistant) sont indispensables. Ces fichiers peuvent être stockés localement sur une clé USB et dans un espace de stockage en ligne sécurisé.

Un plan de reprise d’activité simple doit être défini : en cas de panne de la box principale, une unité de secours pré‑configurée peut être branchée, puis la dernière sauvegarde restaurée. Pour la personne âgée, la continuité de service est essentielle, notamment pour les scénarios liés à la sécurité et à la santé.

Prévoir une procédure de maintenance à distance via VPN (WireGuard, OpenVPN)

La maintenance d’un système domotique pour seniors ne doit pas imposer des déplacements constants des techniciens ou des aidants. Une connexion sécurisée via VPN, par exemple avec WireGuard ou OpenVPN, permet d’accéder à distance à la box pour vérifier les logs, mettre à jour des scénarios, ajouter un équipement ou diagnostiquer une panne. Cette approche gagne en importance avec la généralisation des interventions à domicile et la raréfaction des ressources techniques.

La configuration du VPN est réalisée une fois pour toutes, puis documentée pour les intervenants habilités. La personne âgée n’a aucune action à mener, tout en bénéficiant d’un système constamment surveillé et optimisé à distance.

Étudier des cas pratiques de programmation de systèmes domotiques pour personnes âgées en france

Cas d’usage : appartement urbain T2 à lyon équipé en philips hue, aqara et box jeedom

Dans un T2 lyonnais occupé par une femme de 82 ans, encore relativement autonome mais sujette à des chutes, l’installation domotique repose sur une box Jeedom, des ampoules Philips Hue et des capteurs Aqara. Les scénarios principaux couvrent l’éclairage intelligent (balisage nocturne vers la salle de bains, extinction automatique en cas d’oubli), la détection d’ouverture de la porte d’entrée et un rappel de prise de médicaments matin et soir avec changement de couleur de la lampe du salon.

Les aidants reçoivent une notification si aucun mouvement n’est détecté entre 8 h et 10 h, ou si la porte reste ouverte plus de 10 minutes la nuit. Une télécommande Nodon à gros boutons permet à la résidente de lancer facilement un scénario « Je me lève » ou « Je me couche » sans recourir au smartphone.

Cas d’usage : maison individuelle à la campagne avec KNX, somfy TaHoma et vidéosurveillance

Dans une maison individuelle en zone rurale, un couple de seniors a opté pour une installation filaire KNX complétée par une box Somfy TaHoma et un système de vidéosurveillance. Les volets roulants, l’éclairage et le chauffage électrique sont pilotés par le bus KNX, garantissant une fiabilité maximale et une faible dépendance aux ondes radio. TaHoma sert d’interface conviviale et de passerelle vers des services externes, comme la commande à distance des volets pour les aidants.

Des caméras extérieures surveillent les abords sans filmer l’intérieur, ce qui respecte la vie privée tout en rassurant la famille. Un onduleur protège la partie critique de l’installation, permettant au moins deux heures de fonctionnement des scénarios de sécurité en cas de coupure secteur.

Cas d’usage : adaptation domotique pour une personne atteinte d’alzheimer à nantes

À Nantes, un homme de 79 ans atteint de maladie d’Alzheimer vit toujours chez lui avec l’appui quotidien d’un SSIAD. La domotique se concentre sur la prévention des fugues nocturnes et la réduction de la désorientation. Les scénarios « Lever du soleil » et « Coucher du soleil » structurent l’éclairage et les volets, tandis que des capteurs d’ouverture sur la porte d’entrée déclenchent une alerte silencieuse sur le smartphone de son fils si la sortie se produit entre 22 h et 6 h.

À l’intérieur, des chemins lumineux guident vers les toilettes, et un assistant vocal permet d’appeler automatiquement l’infirmière référente via une commande simple. Les épisodes d’errance ont nettement diminué, et le maintien à domicile reste possible dans de bonnes conditions de sécurité.

Cas d’usage : maintien à domicile avec téléassistance intégrée (legrand care, vitaris, assystel)

De nombreux projets combinent désormais domotique résidentielle et téléassistance professionnelle. Des plateformes comme Legrand Care, Vitaris ou Assystel se connectent à des capteurs de chute, des détecteurs de non‑activité ou des boutons d’alerte placés dans la maison. La box domotique relaie certains événements (absence de mouvement prolongée, fumée détectée, pic inhabituel de température) vers la plateforme, qui se charge d’appeler la personne, puis d’alerter les secours si nécessaire.

Ce modèle hybride tire parti du meilleur des deux mondes : automatisation locale pour l’éclairage, le chauffage et les volets, et surveillance professionnelle 24h/24 pour les urgences. Pour vous, proche aidant ou professionnel du médico‑social, la programmation de ces scénarios devient un outil stratégique pour prolonger le maintien à domicile tout en encadrant les risques de façon structurée et pérenne.