La perte d’autonomie liée à l’âge représente un défi majeur pour des milliers de familles françaises chaque année. Face à cette réalité, l’adaptation du logement devient une nécessité pour permettre aux seniors de continuer à vivre chez eux en toute sécurité. Selon les dernières études, plus de 450 000 personnes âgées de plus de 65 ans sont victimes de chutes à domicile annuellement, faisant de cet accident la première cause de mortalité accidentelle dans cette tranche d’âge. Pourtant, 80% de ces chutes pourraient être évitées grâce à des aménagements appropriés. L’adaptation du domicile ne se limite pas à quelques barres d’appui installées à la hâte : elle nécessite une approche méthodique, technique et personnalisée. Cette démarche permet non seulement de sécuriser l’environnement, mais aussi de préserver la dignité et l’indépendance des personnes âgées, tout en soulageant leurs proches et aidants.
Évaluation ergothérapique du domicile et grille AGGIR pour déterminer les besoins d’adaptation
L’adaptation réussie d’un logement commence toujours par une évaluation professionnelle rigoureuse. Cette étape fondamentale permet d’identifier précisément les besoins spécifiques de la personne concernée et d’éviter des investissements inutiles ou inadaptés. L’intervention d’un ergothérapeute diplômé d’État constitue la première pierre de cette démarche, car ce professionnel possède l’expertise nécessaire pour analyser la relation entre les capacités de la personne et son environnement domestique.
Utilisation de la grille AGGIR pour mesurer le GIR et identifier les zones à risque
La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) représente l’outil d’évaluation officiel utilisé en France pour mesurer le degré de perte d’autonomie. Elle classe les personnes âgées en six niveaux, du GIR 1 (perte d’autonomie totale) au GIR 6 (autonomie complète). Cette évaluation examine dix variables discriminantes : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts, déplacements intérieurs, déplacements extérieurs et communication. Pour les GIR 1 à 4, considérés comme dépendants, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) peut être accordée pour financer les aménagements nécessaires. Cette classification détermine non seulement le niveau d’aide financière disponible, mais oriente également les professionnels vers les adaptations prioritaires à mettre en œuvre dans chaque zone du logement.
Audit de sécurité avec un ergothérapeute diplômé d’état
L’ergothérapeute réalise un diagnostic approfondi du logement en analysant chaque pièce sous l’angle des activités de la vie quotidienne. Il observe la personne dans ses déplacements habituels, évalue ses capacités motrices, cognitives et sensorielles, puis identifie les obstacles architecturaux et les situations à risque. Cette visite à domicile, généralement gratuite dans le cadre du dispositif MaPrimeAdapt’, permet d’établir un plan d’aménagement personnalisé et hiérarchisé. L’expert prend en compte non seulement l’état actuel de la personne, mais anticipe également l’évolution probable de sa situation pour proposer des solutions pérennes. Son rapport détaillé servira de base au montage du dossier de financement et guidera les artisans dans la réalisation des travaux.
Cartographie des points de chute et analyse des déplacements quotidiens
Au-delà du simple constat des obstacles, l’ergothérapeute va analyser finement les déplacements quotidiens du senior : aller aux toilettes la nuit, accéder à la cuisine, sortir sur le balcon, utiliser l’escalier, etc. Cette « cartographie des points de chute » consiste à repérer les zones où la personne trébuche, se cogne, perd l’équilibre ou doit fournir un effort excessif. Comme on tracerait un plan de circulation dans un bâtiment public, on identifie les trajets les plus empruntés et les moments les plus à risque (lever, coucher, retour de courses, sortie de douche…).
À partir de ces observations, l’ergothérapeute peut proposer des solutions très concrètes : déplacer un meuble qui gêne un passage, rapprocher les toilettes de la chambre, installer une barre d’appui à un endroit stratégique, ou encore supprimer un tapis dangereux. Cette approche dynamique permet d’aller beaucoup plus loin qu’un simple « coup d’œil sécurité ». Elle garantit que chaque aménagement réponde à une situation réelle de la vie quotidienne, et non à une liste théorique de recommandations.
Mesures anthropométriques et adaptation aux aides techniques prescrites
Pour que l’adaptation du logement d’un senior soit réellement efficace, il ne suffit pas d’installer des équipements standards. L’ergothérapeute réalise aussi des mesures anthropométriques (taille, longueur des membres, amplitude de mouvement, capacité de préhension) afin de dimensionner au mieux les aides techniques. La hauteur d’un siège de douche, la position d’une barre d’appui, le réglage d’un fauteuil releveur ou la largeur d’un passage doivent être adaptés à la morphologie et aux capacités du senior, un peu comme un costume taillé sur mesure.
Ces mesures servent également à vérifier la compatibilité entre le logement et le matériel déjà prescrit par le médecin (déambulateur, fauteuil roulant, rollator, lit médicalisé…). Par exemple, un fauteuil roulant standard nécessite un passage utile de porte d’au moins 83 cm, et un espace de giration minimal de 1,50 m de diamètre pour faire demi-tour confortablement. Sans ces vérifications techniques, on risque de commander du matériel coûteux… impossible à utiliser dans un couloir trop étroit ou une salle de bain mal agencée.
Aménagement sécurisé de la salle de bain et installation d’équipements anti-chute
La salle de bain concentre une grande partie des risques de chute chez les personnes âgées : sols glissants, obstacles, mouvements complexes, eau chaude… C’est donc souvent la première pièce à adapter dans un logement senior. L’objectif est double : assurer la sécurité lors de la toilette et maintenir un maximum d’autonomie pour préserver l’intimité et la dignité. Les solutions techniques actuelles permettent de concilier ces deux exigences, sans forcément transformer la pièce en « chambre d’hôpital » si l’on choisit du matériel esthétique et adapté.
Remplacement de la baignoire par une douche plain-pied avec siphon de sol
En matière de prévention des chutes, le remplacement de la baignoire par une douche de plain-pied est souvent l’aménagement le plus pertinent. En supprimant l’enjambement de la baignoire, on élimine un des gestes les plus dangereux pour un senior en perte d’équilibre. La douche à l’italienne ou le receveur extra-plat avec siphon de sol permettent un accès quasiment sans marche, voire totalement de niveau, y compris pour un déambulateur ou un fauteuil roulant de douche.
Techniquement, le professionnel vérifiera la faisabilité (évacuation, pente, nature de la dalle, étanchéité) afin d’éviter les infiltrations et les remontées d’eau. Dans certains cas, une douche surélevée avec rampe d’accès peut être envisagée si la douche complètement plane est impossible. L’essentiel est de garantir un accès large, un seuil inférieur à 2 cm si possible et un espace suffisant pour manœuvrer en toute sécurité, même avec une aide humaine.
Installation de barres d’appui normées NF et mitigeur thermostatique anti-brûlure
Les barres d’appui mal positionnées ou de mauvaise qualité peuvent devenir inutiles, voire dangereuses. C’est pourquoi il est recommandé d’installer des barres d’appui normées NF, conçues pour supporter une charge importante et résister à l’humidité. Leur implantation est déterminée par l’ergothérapeute : une barre horizontale pour se relever, une barre verticale pour s’agripper à l’entrée de la douche, une barre oblique près des toilettes… Chaque barre a une fonction précise et un emplacement stratégique.
En parallèle, l’installation d’un mitigeur thermostatique anti-brûlure constitue un aménagement simple mais très efficace. Ce dispositif maintient la température de l’eau stable et limite automatiquement la chaleur, réduisant drastiquement le risque de brûlure en cas de maladresse ou de perte de sensibilité. Pour un senior fragile, ne plus avoir à jouer avec les deux robinets eau chaude / eau froide représente un vrai gain de sécurité et de confort au quotidien.
Pose d’un revêtement antidérapant classé R10 ou R11 selon la norme DIN 51130
Le choix du revêtement de sol dans la douche et la salle de bain est déterminant pour la prévention des glissades. Les carrelages classiques, surtout lorsqu’ils sont mouillés, peuvent devenir de véritables patinoires. Il est donc conseillé d’opter pour un revêtement antidérapant classé R10 ou R11 selon la norme DIN 51130, qui évalue la résistance à la glissance. Plus la classe est élevée, plus l’adhérence est importante, même en présence d’eau et de savon.
Ce type de revêtement peut prendre la forme de carrelage texturé, de dalles vinyles spécifiques ou de résine antidérapante appliquée sur le sol existant. L’avantage de ces solutions est qu’elles permettent de sécuriser l’ensemble de la pièce, pas seulement l’intérieur de la douche. En complément, des tapis de bain antidérapants certifiés peuvent être utilisés, à condition qu’ils soient parfaitement fixés et compatibles avec le nettoyage fréquent.
Intégration d’un siège de douche rabattable et éclairage LED adapté
Pour un senior en perte d’autonomie, la station debout prolongée sous la douche devient vite fatigante, voire dangereuse. L’intégration d’un siège de douche rabattable, solidement fixé au mur, permet de se laver assis en toute sécurité. Ce type de siège, lorsqu’il est choisi aux bonnes dimensions et à la bonne hauteur, réduit les efforts de transfert et limite le risque de malaise ou de chute par fatigue. Il se replie ensuite contre le mur pour libérer l’espace en dehors des temps de douche.
L’éclairage est un autre paramètre souvent sous-estimé. Un éclairage LED puissant mais non éblouissant, bien réparti dans la salle de bain, réduit les zones d’ombre et améliore la perception des reliefs (rebords, robinets, accessoires). Un éclairage indirect ou des appliques murales au-dessus du miroir peuvent compléter un plafonnier central. Pour les déplacements nocturnes, il est possible d’installer des spots LED à détection de mouvement au niveau du sol, guidant le senior depuis la chambre jusqu’aux toilettes sans qu’il ait besoin de chercher un interrupteur dans le noir.
Accessibilité PMR des espaces de circulation et suppression des obstacles architecturaux
Une fois la salle de bain sécurisée, l’autre enjeu majeur est de garantir une circulation fluide et sûre dans tout le logement. Pour un senior en perte d’autonomie, chaque porte trop étroite, chaque marche, chaque seuil peut devenir une barrière. L’accessibilité dite « PMR » (Personnes à Mobilité Réduite) ne concerne pas seulement les fauteuils roulants : elle profite aussi à ceux qui se déplacent avec une canne, un déambulateur, ou qui fatiguent vite. L’objectif est de transformer le logement en un espace continu, sans obstacle, où l’on circule aussi naturellement que dans un couloir d’hôpital… mais sans en avoir l’aspect.
Élargissement des passages de porte à 90 cm minimum pour fauteuil roulant
Les portes intérieures des logements anciens mesurent souvent entre 70 et 80 cm de large, ce qui peut suffire pour une personne valide mais devient vite problématique avec un fauteuil roulant ou un déambulateur. Pour une accessibilité optimale, il est recommandé d’atteindre une largeur de passage utile de 90 cm. Cela permet non seulement le passage du fauteuil, mais aussi la présence d’un aidant à proximité, sans frottement ni manœuvre dangereuse.
L’élargissement de porte implique parfois d’abattre une partie de cloison ou de modifier le sens d’ouverture. Dans certains cas, la pose de portes coulissantes à galandage ou en applique peut être une solution astucieuse pour gagner de l’espace et faciliter les passages. L’ergothérapeute et l’artisan évalueront ensemble les murs porteurs, les réseaux électriques et les contraintes structurelles pour proposer la solution la plus sûre et la plus économique.
Installation de rampes d’accès conformes à la loi handicap de 2005
Les marches à l’entrée du logement ou entre deux niveaux intérieurs constituent souvent un obstacle majeur pour un senior, surtout en fauteuil roulant ou avec un déambulateur. L’installation de rampes d’accès permet de franchir ces différences de niveau en toute sécurité. La loi handicap de 2005 fixe des recommandations de pente : idéalement 5 %, tolérance jusqu’à 8 % sur de courtes distances. Concrètement, cela signifie qu’une marche de 15 cm nécessite une rampe d’au moins 3 mètres pour rester confortable.
Selon les situations, on peut opter pour des rampes fixes maçonnées, des rampes métalliques structurelles ou des rampes amovibles (utiles en copropriété ou en location). L’important est de garantir une surface antidérapante, une largeur suffisante (au moins 90 cm) et, si besoin, la présence de mains courantes. Là encore, un professionnel habitué à l’accessibilité PMR sera le plus à même de respecter les normes tout en intégrant la rampe de façon esthétique à la façade ou à l’intérieur du logement.
Suppression des seuils de porte et rattrapage de niveaux avec profilés de transition
Les petits seuils entre pièces, les barres de sol ou les changements de revêtement sont souvent négligés, mais ils génèrent de nombreux risques de chute et bloquent le passage des aides techniques. La suppression des seuils de porte, lorsque c’est possible, constitue une mesure simple mais très efficace pour améliorer la sécurité et l’accessibilité du logement. Dans le cas où une suppression totale est impossible (porte-fenêtre donnant sur un balcon, par exemple), des profilés de transition en pente douce permettent de rattraper les niveaux.
Ces profilés, généralement en aluminium ou en PVC renforcé, créent une petite rampe sur quelques centimètres, facilitant le roulement d’un fauteuil ou d’un déambulateur et limitant le risque de buter avec la pointe du pied. En parallèle, il est recommandé d’unifier autant que possible les revêtements de sol sur un même niveau (par exemple, passer tout l’appartement en sol vinyle antidérapant) pour éviter les ruptures visuelles et physiques, sources de désorientation et de chutes.
Domotique senior et systèmes de téléassistance connectée pour le maintien à domicile
Les nouvelles technologies ne sont pas réservées aux plus jeunes : bien utilisées, elles deviennent de véritables alliées pour le maintien à domicile des seniors. La domotique et la téléassistance permettent d’automatiser des tâches pénibles, de détecter plus rapidement les situations à risque et de rassurer les proches. L’idée n’est pas de transformer la maison en laboratoire high-tech, mais de choisir quelques solutions simples, fiables et adaptées au niveau d’aisance numérique de la personne âgée.
Détecteurs de chute automatiques et bracelets d’alerte géolocalisés
En cas de chute, chaque minute compte, surtout si le senior vit seul. Les détecteurs de chute automatiques, intégrés à un bracelet ou un médaillon, analysent les mouvements du corps et déclenchent une alerte vers une centrale de téléassistance lorsqu’un impact suivi d’une immobilité est détecté. Contrairement à un simple bouton d’alarme que l’on doit presser, ces dispositifs fonctionnent même si la personne est inconsciente ou incapable de se relever pour appeler.
Certains modèles sont couplés à une géolocalisation GPS, particulièrement utile pour les personnes atteintes de troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, désorientation). Le bracelet d’alerte géolocalisé permet de retrouver rapidement un senior qui se serait égaré à l’extérieur, tout en respectant un cadre juridique et éthique précis. L’ergothérapeute ou le service de téléassistance peut vous aider à choisir le bon niveau de technologie selon le profil et les souhaits de la personne concernée.
Volets roulants motorisés somfy et interrupteurs connectés à commande vocale
Fermer des volets lourds, tendre le bras pour atteindre un interrupteur ou se lever pour allumer une lumière sont des gestes qui deviennent difficiles avec l’âge. Les volets roulants motorisés (par exemple Somfy ou équivalents) permettent d’automatiser ces actions via une télécommande, un smartphone, voire une programmation horaire. En quelques secondes, tous les volets se ferment sans effort, ce qui améliore à la fois le confort, la sécurité et la performance thermique du logement.
Pour les seniors qui ont des difficultés de préhension ou qui se déplacent en fauteuil, les interrupteurs connectés et la commande vocale sont particulièrement intéressants. Couplés à un assistant vocal (type enceinte intelligente), ils permettent d’allumer les lumières, de baisser les volets ou de régler le chauffage simplement en parlant. « Allume la lumière du couloir » devient un geste de sécurité immédiat, sans avoir à chercher un interrupteur dans le noir ou à se lever de son fauteuil.
Chemins lumineux LED à détection de mouvement pour déplacements nocturnes
Les levers nocturnes (pour aller aux toilettes ou boire un verre d’eau) sont un moment particulièrement à risque pour les chutes. Une solution simple et peu intrusive consiste à installer des chemins lumineux LED à détection de mouvement le long des plinthes, sous le lit ou dans le couloir. Dès que le senior pose le pied au sol ou passe devant un capteur, un éclairage doux s’allume automatiquement, suffisamment pour voir les obstacles sans éblouir ni perturber le sommeil.
Ces éclairages peuvent fonctionner sur secteur ou sur batterie rechargeable, et certains modèles se collent simplement au mur ou au meuble. Ils représentent un investissement modeste au regard de la sécurité apportée. Combinés à un bon désencombrement des sols (pas de tapis, pas de fils électriques qui traînent), ils réduisent significativement le risque de chute dans les déplacements de nuit.
Piluliers électroniques avec rappel de prise de médicaments
La gestion du traitement médicamenteux est un autre point sensible pour de nombreux seniors, surtout en cas de polyprescription. Oublis, doubles prises, erreur de comprimé… les risques sont nombreux. Les piluliers électroniques avec alarme intégrée ou rappel connecté (via application ou SMS) permettent de structurer la prise des médicaments : chaque compartiment correspond à un jour ou un moment de la journée, et une alerte sonore ou lumineuse signale qu’il est temps de prendre le traitement.
Certains modèles plus évolués peuvent envoyer une notification à un proche ou à un aidant en cas de non-ouverture du compartiment à l’heure prévue. Comme un « calendrier sonore », le pilulier électronique sécurise la prise de médicaments sans infantiliser la personne : c’est un outil d’autonomie, pas de contrôle. L’ergothérapeute ou l’infirmier(ère) à domicile peuvent vous aider à choisir un modèle simple d’utilisation, adapté aux capacités visuelles et cognitives du senior.
Mobilier ergonomique et aides techniques validées par la CNSA
Au-delà des travaux lourds et des équipements domotiques, l’adaptation du logement passe aussi par le choix d’un mobilier ergonomique et d’aides techniques validées par la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie). Ces équipements, souvent simples en apparence, transforment en profondeur le confort et la sécurité au quotidien : se lever d’un fauteuil sans effort, dormir sans douleur, se déplacer avec un appui stable… Ils complètent les aménagements du bâti pour offrir un environnement globalement mieux adapté à la perte d’autonomie.
Fauteuils releveurs électriques avec fonction vasque et télécommande
Le fauteuil classique du salon, très bas et moelleux, devient souvent un piège pour les seniors : on s’y enfonce, mais on peine à en sortir. Le fauteuil releveur électrique corrige ce problème en accompagnant en douceur les mouvements d’assise et de levée. D’une simple pression sur la télécommande, l’assise s’incline progressivement vers l’avant pour aider la personne à se mettre debout, sans à-coup ni effort violent sur les genoux ou le dos.
Certains modèles proposent une fonction « vasque » (ou « relaxation jambes surélevées ») qui favorise le retour veineux et soulage les jambes lourdes, très appréciée des personnes souffrant d’insuffisance veineuse. Le choix du fauteuil doit prendre en compte la taille, le poids, les pathologies éventuelles (mal de dos, troubles de l’équilibre) et l’espace disponible dans la pièce. Un modèle validé par la CNSA ou référencé sur la liste des aides techniques recommandées est un gage de qualité et de sécurité.
Lits médicalisés à hauteur variable et matelas anti-escarres classe II
Lorsque la perte d’autonomie devient plus importante, le lit joue un rôle central dans le maintien à domicile. Un lit médicalisé à hauteur variable permet d’ajuster l’altitude du couchage pour faciliter les transferts (passage du fauteuil au lit, aide au lever), tout en protégeant le dos des aidants. Le relève-buste et le relève-jambes électriques offrent différentes positions pour lire, manger, soulager les douleurs ou améliorer la respiration.
Associé à un matelas anti-escarres de classe II, ce type de lit limite considérablement le risque de plaies de pression chez les personnes peu mobiles ou alitées de façon prolongée. C’est un peu l’équivalent d’un « matériel de confort hospitalier » installé chez soi, mais avec des options esthétiques de plus en plus variées (têtes de lit décoratives, habillage en bois). Une bonne évaluation en amont est essentielle pour choisir un modèle ni surdimensionné, ni insuffisant par rapport à l’évolution prévisible de l’état de santé.
Déambulateurs rollators avec freins et assise de repos intégrée
Pour les déplacements à l’intérieur comme en extérieur, le simple bâton de marche devient vite insuffisant dès que l’équilibre est fragilisé. Le déambulateur rollator (muni de roues, de freins et souvent d’une assise) offre un appui beaucoup plus stable, tout en permettant au senior de faire des pauses régulières en s’asseyant. C’est un compromis intéressant entre la canne et le fauteuil roulant, particulièrement adapté aux personnes qui peuvent encore marcher, mais avec un périmètre réduit.
Le choix du rollator doit tenir compte de la largeur des portes du domicile, du type de sol (moquette, carrelage, extérieur), de la force dans les mains (pour actionner les freins) et des besoins de repos. Un modèle validé par la CNSA ou inscrit sur la liste des produits remboursables peut faire l’objet d’une prise en charge partielle, ce qui allège le coût pour la famille. Là encore, le rôle de l’ergothérapeute est essentiel pour ajuster la hauteur des poignées et apprendre au senior à utiliser l’appareil en toute sécurité.
Financement des travaux d’adaptation via ANAH, APA et crédit d’impôt
Adapter un logement à la perte d’autonomie représente souvent un investissement important : on estime couramment entre 6 000 et 10 000 € le coût moyen d’une adaptation globale (salle de bain, circulation, chambre). Heureusement, plusieurs dispositifs publics permettent de réduire très significativement le reste à charge pour les ménages : aides de l’ANAH, allocation d’autonomie, crédits d’impôt, aides des caisses de retraite, etc. Bien informé et bien accompagné, vous pouvez financer une grande partie des travaux nécessaires au maintien à domicile de votre proche.
Programme habiter facile de l’ANAH avec prise en charge jusqu’à 50%
Le programme Habiter Facile de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH), désormais intégré dans MaPrimeAdapt’ pour une partie des situations, s’adresse principalement aux propriétaires occupants aux revenus modestes ou très modestes. Il vise à financer des travaux d’adaptation du logement au vieillissement ou au handicap : remplacement de baignoire, installation de monte-escalier, élargissement de portes, adaptation des revêtements, pose de mains courantes, etc. La prise en charge peut atteindre jusqu’à 50 % du montant des travaux, dans la limite d’un plafond fixé par l’ANAH.
Pour en bénéficier, il est indispensable de monter un dossier avant le démarrage des travaux et de respecter certains critères (âge, ressources, ancienneté du logement, nature des travaux). Dans la plupart des cas, un accompagnement par un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO), souvent financé lui aussi, est prévu : il vous aide à constituer le dossier, à choisir les entreprises et à coordonner le chantier. L’étude ergothérapique évoquée plus haut est fréquemment intégrée à ce dispositif pour garantir la pertinence des aménagements subventionnés.
Allocation personnalisée d’autonomie pour financer les équipements techniques
L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), versée par le Conseil départemental, s’adresse aux personnes âgées de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4 selon la grille AGGIR. Elle sert principalement à financer des heures d’aide humaine (aide à domicile, accueil de jour…), mais peut aussi couvrir une partie du coût des équipements techniques nécessaires au maintien à domicile : téléassistance, aides techniques simples, petites adaptations du logement, etc. Le montant de l’APA varie en fonction du niveau de dépendance et des ressources de la personne.
Concrètement, l’APA finance un « plan d’aide » personnalisé, qui peut inclure l’abonnement à un service de téléassistance, la participation à l’achat d’un fauteuil roulant ou d’un déambulateur, voire certaines adaptations légères du logement. C’est un complément précieux aux aides de l’ANAH, qui se concentrent plutôt sur les travaux de plus grande ampleur. Pour ne pas passer à côté de droits potentiels, il est conseillé de déposer une demande auprès du service autonomie de votre département dès les premiers signes de perte d’autonomie.
Crédit d’impôt de 25% sur les dépenses d’accessibilité selon l’article 200 quater A du CGI
Enfin, pour les ménages qui ne sont pas éligibles à certaines aides (revenus trop élevés, statut de locataire non couvert par les dispositifs, etc.), le crédit d’impôt pour l’accessibilité du logement prévu à l’article 200 quater A du Code Général des Impôts constitue un levier intéressant. Sous conditions (âge, handicap, nature des travaux et des équipements), il permet de déduire de l’impôt sur le revenu 25 % des dépenses éligibles liées à l’installation d’équipements favorisant l’accessibilité : barres d’appui, sièges de douche, dispositifs de commande à distance, monte-escaliers, rampes, etc.
Ce crédit d’impôt est plafonné sur une période de cinq ans et peut bénéficier aussi bien aux propriétaires qu’aux locataires, dès lors qu’ils résident dans le logement concerné à titre de résidence principale. Il est cumulable, dans certaines limites, avec d’autres aides (ANAH, collectivités, caisses de retraite), ce qui permet de réduire encore davantage le coût final du projet. Avant d’engager des travaux, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un conseiller France Rénov’, d’une ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) ou d’un professionnel de l’habitat adapté pour vérifier votre éligibilité et optimiser le montage financier de votre projet.